Le père Lamande, prêtre jésuite pédophile________il est conseillé de commencer par le message du 01/05/2010

01 mai 2010

raisons de ce blog : le père Lamande S.J. prêtre pédophile

Le 1/05/2010, j’écrivais ceci :

Ayant été victime d’agissements pédophile de la part de ce prêtre il y a une cinquantaine d’années, et poussé par une forte motivation intérieure, j’ai décidé de parler, d’interroger mes camarades de l’époque et d’interpeller la société de Jésus.

Ce blog expose l’ensemble de mes démarches et de mes résultats, de manière chronologique. 

Un an plus tard, soit le 5/05/2011,  ayant recueilli sept témoignages d’autres hommes ayant été abusés par ce prêtre, je me repose, et on me repose la même question : pourquoi continuer mon action, et ce journal qui en rend compte.

Ma première réponse est : « je ne sais pas » ; j’obéis à une force intérieure qui me demande de continuer. 

Mais je peux aussi expliquer et rationaliser mes objectifs, qui sont au nombre de trois :

1)      Il faut que la vérité de ce qui c’est passé entre ce prêtre et les enfants sous sa responsabilité soit établie, connue et reconnue. Et il reste encore un grand chemin à faire, et des interrogations à satisfaire. A mon sens le nombre de huit agressions connues, ne reflète pas du tout la réalité, qui doit être bien supérieure. Mes mails n’ont pas  touché plus de dix % des enfants qui ont connu le père Lamande. Par ailleurs, des témoignages indiquent que la hiérarchie de franklin était au courant, ce que nie l’un de ses membres. Enfin, d’autres témoignages laissent à penser que le départ du père s’est fait à la demande de parents d’élèves, pour des raisons d’accusation de pédophilie.

2)      Il faut que tous les enfants qui ont été agressés par ce père aient une chance de parler. J’ai compris, pour moi-même, et en recueillant les sept autres témoignages, à quel point cette expression était importante. Pour beaucoup, c’était la première fois qu’ils en parlaient à leurs proches, et même à leur femme.

3)      Plus jamais ça. Je veux dire par la qu’il convient de tout mettre en place pour éviter de tels agissements, et aussi pour que d’éventuelles victimes soient encouragées à parler le plus tôt possible. Quelques mesures ont certes été prises par l’église catholique de France, mais je suis loin d’être convaincu de leur pertinence.

De manière accessoire à cette démarche, on pourrait aussi rechercher s’il y a plus de prêtres catholiques pédophiles dans les institutions d’enseignement pour les enfants que de non-prêtres ou de prêtres mariés d’autres religions, et le cas échéant, se demander quel est l’impact du célibat des prêtres catholiques. 

PS 1) Il existe un service dénommé « NEWSLETTER », qui vous permet d’être avisé de chaque nouveau MESSAGE.

Si ce service vous intéresse, il faut aller en haut à droite en dessous du titre "NEWSLETTER";
remplissez votre adresse mail ; puis cliquez sur "m'abonner"
un écran s'ouvre alors : il suffit de recopier un code de sécurité qui s'affiche, puis de valider. Un nouvel écran s'ouvre alors vous disant que vous aller recevoir un mail en vue de confirmer votre inscription.
Vous recevrez ce mail dans les minutes suivantes ; il vous faudra alors confirmer votre intention à l'endroit indiqué. 

PS 2) Tous les témoignages et courriers cités sont anonymes, sauf ceux dont les auteurs m’ont explicitement donné accord pour qu’ils soient nommés.

PS 3) Consultation du blog: vous pouvez soit consulter les derniers messages (en haut à droite), consulter les archives, vous y avez accès par mois, en bas à droite, soit lire les témoignages d'autres victimes, à droite au milieu.

 

Posté par jpmvallas2 à 16:41 - Permalien [#]


09 mai 2010

première lettre au Père Lamy, supérieur de la communauté St Louis de Gonzague

                                                                                             le 9 mai 2010

 

Objet : le père Lamande SJ, prêtre pédophile

PJ : un texte

 

Monsieur le directeur,

Je vous fais parvenir ci dessous mon vécu relatif au point cité en objet.

Comme vous le lirez, l’expérience que j’ai vécue avec ce prêtre ne m’a pas provoqué de souffrance insupportable. Je suis néanmoins intimement convaincu, vu la manière dont il est rentré dans mon lit, il y a 57 années, que je n’étais pas le seul petit garçon qu’il ait approché de cette manière.

Je voudrais donc d’une part savoir si vous avez eu d’autres témoignages relatives aux agissements pédophiles de ce prêtre, et d’autre part, je souhaiterais que mon histoire soit diffusée à mes anciens camarades, pour inciter ceux chez qui elle est restée enterrée à la faire ressortir, ce qui dans les cas les plus durs, peut être vital pour eux.

Mon histoire n’est qu’une petite histoire, au vu des scandales de prêtres pédophiles qui secouent la France et le Monde, mais je souhaiterais vivement savoir la suite que vous comptez lui donner.

Cordialement

Jean-Pierre Martin-Vallas

 

Le père Lamande SJ, prêtre pédophile

Je m’appelle Jean-Pierre Martin-Vallas, j’ai 65 ans, et j’ai passé 13 années de ma jeunesse dans des collèges jésuites, Franklin, Mount Saint Mary’s College et Ginette.

J’ai passé 3 ans au petit collège de Franklin, de la neuvième à la septième. Notre aumônier était le père Lamande, forte personnalité, très proche de ses élèves, connu pour son train en modèle réduit et apprécié de tous.

Ce qui suit s’est passé dans un camp de vacances, prêt de Compiègne, organisé et dirigé par ce père. J’avais environ 8 ans à l’époque. Nous dormions tous dans un dortoir d’environ une vingtaine de lits, ceux ci étant installés perpendiculaires aux murs, à quelque distance les uns des autres. Au cours d’une nuit, étant réveillé, j’ai vu le père marcher dans l’allée du dortoir, sans doute entrain de faire une ronde de surveillance. Il a vu que je ne dormais pas, et est rentré avec moi dans mon lit. Il a commencé par me caresser le torse, puis au bout de peu de temps j’ai senti ses mains chercher à passer sous le pantalon de mon pyjama. J’ai alors eu un mouvement de rejet qui a suffit à le faire partir.

Et l’affaire s’est arrêtée la.

Ce qui me surprend maintenant, est que jusqu’à l’âge de quarante ans, ma mémoire a complètement supprimé ce souvenir. Je n’en ai donc, jusqu’à cet âge jamais parlé à personne puisque moi-même j’avais effacé l’histoire de ma mémoire consciente, et je n’en ai absolument pas souffert, du moins consciemment.  Vers quarante ans, cette histoire m’est revenue progressivement en mémoire, et un jour, ayant une occasion professionnelle d’aller dans le quartier de Franklin, je suis rentré dans le bâtiment administratif du petit collège, et ai demandé à voir le père Lamande. Quelqu’un m’a répondu qu’il était décédé, et il ne paraissait pas étonné de ma demande, car il a ajouté : » Il aimait beaucoup les enfants »

Posté par jpmvallas2 à 16:48 - Permalien [#]

15 juin 2010

réponse du père Lamy

Père Jean-Paul Lamy

Communauté St Louis de Gonzague

9 rue Raynouard

75016 Paris

 

Le 15 juin 2010

 

Monsieur Jean-Pierre Martin-Vallas

486 rue du P H Roseau

34010 Montpellier

 

Monsieur,

 

 

Au début du mois de mai, vous m'écriviez m'informant d'un acte répréhensible et

inexcusable exercé sur vous par le Père Lamande alors aumônier du Petit Collège de Franklin

dont vous étiez vous-même élève. Vous exprimiez également votre inquiétude légitime que ce

Père ait pu commettre de tels actes avec d'autres élèves et votre désir de trouver un moyen

pour que ces éventuelles victimes ne soient pas conduites à vivre dans un silence douloureux

porteur de risques de difficultés personnelles importantes.

Tout d'abord je vous remercie de votre ouverture et du souci que vous portez. Je suis

particulièrement sensible à la gravité de l'acte que vous relatez et regrette qu'aient pu être

commis de tels actes tellement contraires à la conduite éducative et au souci pastoral qu'il

nous revient d'exercer.

 

Personnellement, je n'ai pas jamais connu ce Père de son vivant. Par ailleurs, je n'ai reçu

aucun autre témoignage d'actes pédophiles de sa part ni n'ai été mis au courant de quelque

soupçon que ce soit. Je dois reconnaître mon embarras sur la manière de pouvoir donner

réponse à vos inquiétudes, l'ancienneté de l'affaire provoquant une réelle difficulté à

retrouver d'éventuelles victimes. J'alerte cependant qui de droit sur cette question.

 

Adhérant pleinement aux propos du Pape Benoît XVI au Portugal rappelant que «  le pardon

ne remplace pas la justice « , je souhaite avec vous que nous puissions contribuer à ce que la

vérité soit faite et déplore, avec les responsables de l'Eglise, de tels actes graves qui entraînent

beaucoup de souffrance. 

Je souhaite de tout cœur que vous gardiez la paix intérieure. 

Jean-Paul Lamy sj

 

Posté par jpmvallas2 à 16:51 - Permalien [#]

22 juin 2010

deuxième lettre au Père Lamy, supérieur de la communauté St Louis de Gonzague


le 22 Juin20l0
 

 

Objet : le père Lamande SJ, prêtre pédophile

 

Monsieur le directeur, 

Je vous remercie de votre réponse mûrement réfléchie, et je prends note que vous, à titre

personnel, n'êtes pas au courant d'autres actes semblables de la part de ce prêtre. 

En ce qui me concerne, je ne saurai me contenter de cette réponse. Vous ne l'avez pas connu,

et compte tenu de l'ancienneté des faits, vous n'avez sans doute pas non plus connu de

personnes l'ayant fréquenté, et donc votre méconnaissance de faits similaires ne prouve rien. 

Sans être moi-même vraiment capable de vous dire pourquoi, il me semble indispensable de

connaître l'étendue des dégâts causés par ce prêtre. 

Au vu de ce que je vous ai relaté, il me paraît très peu vraisemblable que j'ai été l'unique

victime des agissements de ce prêtre. La manière « nalurelle » avec laquelle il est entré dans

mon lit, et la suite très « soft » des évènements, me persuadent qu'il n'en était pas à son coup

d'essai. 

Vous me dites « alerter qui de droit sur cette question » ; je ne comprends pas ce que vous

voulez me dire. 

Mais il me semble que deux pistes doivent être explorées : 

-Interroger les personnes de l'encadrement de l'école de cette époque pour connaître leur

opinion, et leurs informations éventuelles sur ce point. Mais il ne doit pas en rester beaucoup ! 

-Interroger les enfants qui l'ont eu comme aumônier, et qui sont donc dans ma tranche d'age

(65 ans).

A ce propos j'ai deux frères qui ont respectivement 3 et 10 ans de moins que moi, et qui sont

tous deux passés par le petit collège, et qui ont donc connu ce prêtre. Sans qu'ils n'aient été

eux même victimes d'abus sexuels de sa part, ils ne sont absolument pas surpris de mon

témoignage, ni qu'il n'ait pu être trop proche de certains des enfants dont il s'occupait. 

Je vous remercie de votre réponse, et souhaite avec vous que toute la vérité soit faite. 

Cordialement 

Jean-Pierre Martin-Vallas

Posté par jpmvallas2 à 16:54 - Permalien [#]

29 juin 2010

réponse du père Lamy

 

Père Jean-Paul Lamy

Communauté St Louis de Gonzague

9 rue Raynouard

75016 Paris

 

Le 29 juin 2010

 

Monsieur Jean-Pierre Martin-Vallas

486 rue du P H Roseau

34070 Montpellier

 

Monsieur,

 

Je vous remercie de votre courrier me demandant d'explorer deux pistes. Mon calendrier

actuel ne me permet pas de vous répondre immédiatement. Je le ferai fin août, début

septembre. Merci de votre compréhension et de votre patience.

Une précision, je ne suis pas directeur de l'établissement St Louis de Gonzague, simplement

le Père supérieur de la communauté.

 

Je souhaite de tout cœur que vous gardiez la paix intérieure.

 

Jean-Paul Lamy sj

Posté par jpmvallas2 à 16:56 - Permalien [#]


04 juillet 2010

troisième lettre au Père Lamy, supérieur de la communauté St Louis de Gonzague

le 4 Juillet 2010

 

Objet : le père Lamande SJ, prêtre pédophile

 

 

 

Mon père, 

Je regrette que la charge de votre calendrier ne vous permette pas de me répondre plus

rapidement, mais je saurai attendre la rentrée. 

Vous n'avez pas répondu à ma question :

«  Vous me dites « alerter qui de droit sur cette question » je ne comprends pas ce que vous

voulez me dire. «  

Vous ne me dites pas non plus si votre calendrier ne vous donne pas le temps d'explorer les

pistes que je vous suggère, ou s'il vous faudra tout ce temps pour me répondre que vous n'en

avez pas I'intention. 

Je reprendrai contact début septembre et je me permets de vous suggérer l'utilisation de mon

adresse e-mail. 

Cordialement 

Jean-PierreMartin-Vallas 

Posté par jpmvallas2 à 17:01 - Permalien [#]

02 octobre 2010

entretien téléphonique avec le père Lamy

Le père Lamy m’ayant écrit qu’il me répondrai’ fin août ou début septembre, j’ai attendu jusque début octobre cette réponse, puis je l’ai appelé au téléphone.

Il en avait parlé à son provincial.

 Il estimait que quarante ans après ces faits, ces enfants devaient avoir trouvé un équilibre de vie satisfaisant, et qu’il n’y avait pas lieu de le perturber. De plus, le prêtre en question étant décédé, il ne voyait pas l’intérêt d’une enquête.

 

A la suite de ces propos décevant, j’ai envoyé 48 heures après mon premier mail circulaire, suivi d’un deuxième le 18/10/2010.

Posté par jpmvallas2 à 17:02 - Permalien [#]

04 octobre 2010

envoi du premier mail circulaire à 211 anciens élèves des promotions 1963 à 73

Objet :Franklin, petit collège, père Lamande SJ

 

 

 

Bonjour

Je me permets de vous contacter en tant qu’ancien élève de Franklin (St Louis de Gonzague à Paris).

Si vous avez fréquenté le  petit collège et avez eu le père Lamande comme aumônier, ce qui suit vous concerne,

Sinon, vous pouvez jeter ce mail, et SVP, faites m’en état. 

 

J’ai été victime de la part de ce prêtre d’attouchements pédophiles, il y a 56 ans.

Vous trouverez ci dessous la relation de cette « expérience ». 

 

Je m’appelle Jean-Pierre Martin-Vallas, j’ai 65 ans, et j’ai passé 13 années de ma jeunesse dans des collèges jésuites, Franklin, Mount Saint Mary’s College et Ginette.

J’ai passé 3 ans au petit collège de Franklin, de la neuvième à la septième. Notre aumônier était le père Lamande, forte personnalité, très proche de ses élèves, connu pour son train en modèle réduit et apprécié de tous.

Ce qui suit s’est passé dans un camp de vacances, prêt de Compiègne, organisé et dirigé par ce père. J’avais environ 8 ans à l’époque. Nous dormions tous dans un dortoir d’ une vingtaine de lits, ceux ci étant installés perpendiculairement aux murs, à quelque distance les uns des autres. Au cours d’une nuit, étant réveillé, j’ai vu le père marcher dans l’allée du dortoir, sans doute entrain de faire une ronde de surveillance. Il a vu que je ne dormais pas, et est rentré avec moi dans mon lit. Il a commencé par me caresser le torse, puis au bout de peu de temps j’ai senti ses mains chercher à passer sous le pantalon de mon pyjama. J’ai alors eu un mouvement de rejet qui a suffit à le faire partir.

Et l’affaire s’est arrêtée là.

Ce qui me surprend maintenant, est que jusqu’à l’âge de quarante ans, ma mémoire a complètement supprimé ce souvenir. Je n’en ai donc, jusqu’à cet âge jamais parlé à personne puisque moi-même j’avais effacé l’histoire de ma mémoire consciente, et je n’en ai absolument pas souffert, du moins consciemment.  Vers quarante ans, cette histoire m’est revenue progressivement en mémoire, et un jour, ayant une occasion professionnelle d’aller dans le quartier de Franklin, je suis rentré dans le bâtiment administratif du petit collège, et ai demandé à voir le père Lamande. Quelqu’un m’a répondu qu’il était décédé, et il ne paraissait pas étonné de ma demande, car il a ajouté : » Il aimait beaucoup les enfants » 

 

Il est pour moi très important de savoir si le geste de ce père a été unique dans sa vie, ou s’il était coutumier du fait. Personnellement je penche pour la deuxième hypothèse. 

 

Je me suis donc rapproché du père JP Lamy, supérieur de la communauté jésuite de St Louis de Gonzague. Il  n’a pas connu le père Lamande, et n’a donc aucune information personnelle sur ce prêtre.  Au bout de cinq mois d’échanges, sa conclusion a été que pour lui, il convenait de ne rien faire. M’ayant présenté ses excuses, au nom de sa compagnie, il m’a expliqué que la justice des hommes ne pouvait plus s’exercer, du fait de la mort de ce prêtre ; que d’autre part, s’il se révélait que d’autres enfants en aient été la victime, vu le nombre d’années écoulées depuis ces évènements, il était plus que probable qu’ils s’étaient reconstruit une vie équilibrée, et qu’il n’était pas opportun de remettre en cause cet équilibre. 

 

Je suis intimement convaincu que ce père n’en était pas à son coup d’essai. Tout d’abord, au vu de la manière dont se sont déroulés les évènements, et la facilité, l’aisance avec laquelle il a procédé, je ne pense pas que ce puisse être le comportement  d’un homme faisant une première tentative. J’en ai d’autre part parlé à deux amis qui sont passés par le petit collège. Sans avoir été eux même directement victimes, ils n’ont pas été du tout surpris du comportement de ce prêtre, au vu de ce qu’ils avaient entendu dire et vécu à l’époque. 

 

C’est pourquoi je me permets de m’adresser à vous pour que vous me disiez si vous avez ou non vécu ce genre d’expérience avec ce père. Si vous l’avez vécu, je vous en prie, exprimez vous, ne gardez pas enfouie cette souffrance, vous n’aurez sans doute pas beaucoup d’autres occasion de le faire.

Et sinon, s’il vous plait , dites le moi simplement. 

 

Vous pouvez souhaiter l’anonymat, écrivez moi, ou téléphonez moi, le plus important est de vous exprimer. Sauf avis contraire de votre part, je transmettrai vos témoignages au supérieur de la communauté de St Louis de Gonzague. Je pense souhaitable aussi de vous faire partager ces témoignages, sans doute par le biais d’un site internet à accès restreint aux personnes ayant témoigné.

En tout état de cause, il y a d’une part prescription et d’autre part le prêtre incriminé est décédé, donc aucune action en justice ne peut être envisagée .  Mais, il est important pour chacun d’entre nous de réaliser  que l’on n'est pas la seule victime afin de pouvoir supporter le regard des autres, tout en assumant pleinement son passé.

Merci de m’avoir lu.

Jean-Pierre Martin-Vallas

Posté par jpmvallas2 à 17:03 - Permalien [#]

05 octobre 2010

un mail de haine et quelques mails de réactions opposées à ma démarche

J’ai donc reçu beaucoup de réactions, la plupart positives, quant à ma démarche, et certaines négatives, avec comme argument principal que ce père ne pouvait plus se défendre. Mais le summum des réactions négatives est le mail qui suit.

 

Monsieur
Il est des gestes qui sont inexcusables.
Mais, l'attitude qui consiste à les étaler avec complaisance dans les médias (et le mail diffusé à nombre d'exemplaires est un médium) me parait presque aussi perverse que ces actes répugnants.
Une quasi-complicité !
Alors, consultez un psychiatre, faites-vous aider par un prêtre, des amis ou votre famille, bref, surmontez votre problème.
Mais, de grâce, arrêtez cette publicité post-mortem : car, ce n'est pas cette vengeance mesquine qui vous sortira par "le haut" de cette difficulté.
Salutations.  

xxx
PS votre mail était dans les spams ; j'aurais dû l'y laisser, car c'était sa place.

 

J-P 

Merci de ces mails venant de ton, époque à Franklin… 

J’en ai parlé autour de moi, tous mes amis qui y ont passé des années… 

Voilà leur réaction : 

« Je trouve cette comptabilité de détail sinistre et aussi malsaine que les faits qu'elle évoque.

D’autant que ces vieux garçons ressassent toujours leurs souvenirs de gamins boutonneux.

On leur a peut-être dit ; si t’as rien, baigne-toi à poil  ! Et ils en ont rougi jusqu’à la racine des cheveux ! Cela fait très « pensée unique ».

A une époque (Ségolène je crois) les enseignants qui sortaient avec des enfants n’avaient pas le droit de les prendre dans leurs bras et de les embrasse et consoler s’ils tombaient et se faisaient un bobo... .

Alors, on a pendant quelques temps on a supprimé les sorties. Dérisoire.  De la mesure avant toute chose… »  

Je n’endosse ni ne rejette leur réaction…  

Par contre, je me demande pourquoi tout cela ressort maintenant… quels comptes restent-t-il à régler ? …. 

Peut être la parole prime-t-elle l’écrit dans ces circonstances…. 

Bien a toi 

 

 

Cher Jean-Pierre,
Je suis à la fois atterré et malheureusement pas très surpris par ton témoignage et ceux que tu rapportes: bien que n’ayant personnellement jamais eu à subir ce genre d’agression, et ne m’en étant jamais douté à l’époque, je me suis posé des questions lorsque des histoires de pédophilie dans des collèges religieux ont commencé à sortir dans la presse. Le souvenir de la très (trop !!) grande proximité du P. Lamande avec les élèves du petit collège m’avait alors rendu perplexe. Tu apportes malheureusement une réponse positive à ce questionnement.
Je conçois bien que tu aies pu en être durablement marqué, et que tu éprouves le besoin d’en parler, même plus de 50 ans après. Toutefois, je ne perçois pas bien le but de ta démarche lorsque tu lances cette enquête, dès lors que le P. Lamande n’est plus de ce monde. Autant la conspiration du silence ne doit pas protéger ceux qui sont encore en vie, autant il me semble que ce n’est plus à nous de juger ceux qui se sont présentés au Père en toute vérité.
Bien amicalement,

 

Le père Lamande étant mort il ne peut se défendre de vos accusations.
Il a le droit comme nous tous à un procès équitable que vous lui déniez : seule l'accusation  a la parole.

Posté par jpmvallas2 à 17:05 - Permalien [#]

06 octobre 2010

quelques réactions de camarades soutenant ma démarche, par mail

  

Jean-Pierre,

Je te reviens avec retard et m’en excuse mais j’ai beaucoup voyagé ces derniers temps. 

Je suis terriblement choqué de ce qui t’es arrivé car j’espérais que notre cher collège était resté à l’abri de ce genre d’horreurs.

J’ai bien sûr connu le Père Lamande mais n’ai pas eu à subir de sa part les comportements dont tu fais état. Ni d’ailleurs d’autres prêtres et je réalise aujourd’hui la chance qui a été la mienne  

Je suis d’autant plus horrifié que le Père Lamande, de tous les jésuites que nous avons croisés au collège, était probablement le préféré des familles aussi bien parents qu’enfants.  

J’approuve totalement ta démarche et espère que ces faits seront rendus publics, en espérant que la hiérarchie « Jésuite » aura le courage d’affronter le problème et de le dénoncer avec force.  

Enfin sache que j’admire ton courage d’avoir fait cette confession ainsi que la force qu’il t’a fallu pour porter ce lourd fardeau pendant tant d’années en face d’une « bonne morale » chrétienne ou laïque (peu importe) qui a tout fait pour culpabiliser les victimes et protéger les agresseurs. 

Je suis de tout cœur derrière toi (et ceux qui n’ont pas encore pu parler). 

N’hésite pas à faire appel à moi si tu as besoin d’aide dans tes démarches.  

Amicalement. 

 

 

 

Cher ancien, 

J'ai été bouleversé par votre témoignage, par ce que vous avez vécu au "petit collège" que j'ai fréquenté plus tard que vous au milieu des années 60. Je ne vous ai pas répondu parce que, Dieu merci, je n'avais pas été victime de de tels agissements de la part du père Lamande, dont je me souviens, parce qu'effectivement il avait une relation chaleureuse avec les petits garçons que nous étions, y compris grâce à son  train électrique. Même si je me suis toujours posé des questions sur les vertus spirituelles du train électrique, heureusement cela n'est jamais allé plus loin, peut être parce que j'ai eu la chance de ne jamais participer aux camps auxquels il est fait allusion. 

Cependant, certaines des réactions auxquelles vous avez fait face me poussent à sortir du confort apparent du silence. 

Sans le moindre désir de remuer du "linge sale", je tiens à vous dire que je comprends et partage le sens de votre démarche, d'autant plus qu'elle exclu toute idée de vengeance, comme vous le soulignez, puisque le père Lamande n'est plus de ce monde. Je tiens à rendre hommage au courage que vous avez eu et à la souffrance que cela a comporté pendant des années. 

Il est du devoir de l'Église en général et de la Compagnie de Jésus en particulier de faire la lumière sur ces errements, qui se produisaient également dans d'autres institutions non religieuses, à une époque ou la société était moins sensibilisée qu'aujourd'hui à ces questions. Elle doit démontrer qu'elle a la force et le courage de les dénoncer et que cela ne constitue pas une généralité devant rejaillir sur toute l'Église pour la décrédibiliser. Cela me semble être dans la ligne du message de Benoît XVI (voir son récent voyage au Royaume-Uni). Cela me semble, en toute humilité, être aussi le devoir de la Société de Jésus, afin qu'elle puisse demeurer une référence pour les chrétiens, comme cela fut le cas pour mes parents réfugiés politiques en France, qui ne connaissant pas les écoles parisiennes pensaient que les Jésuites étaient un gage de sérieux suffisant pour ne pas devoir se poser d'autres questions. 

J'ai également été bouleversé par le témoignage que vous avez recueilli d'un autre ancien. Même si j'ai eu des critiques sur l'enseignement à Franklin, en particulier sur son caractère élitiste (du moins à cette époque), je suis effondré que cela ai pu conduire un ancien à ne plus fréquenter l'Église et s'abstenir de donner une éducation chrétienne à ses filles. Heureusement, que j'ai eu la chance de bénéficier de l'enseignement d'autres prêtres (de "simples" curés de paroisses rurales dont le témoignage de pasteur était éloquent, mais aussi d'autres jésuites en Europe) pour me convaincre du message chrétien et de transmettre une éducation chrétienne à mes fils. Il faut éviter de laisser croire que les errements de certains, à l'égard desquels il faut avoir le courage d'être lucide, sont la réalité de toute l'Église. C'est aussi pour cela que votre témoignage est important et utile. 

Sachez en tout cas que je comprends votre démarche et que j'espère que cela sera également le cas de la Société de Jésus pour vous exprimer l'horreur devant de tels agissements et pour éviter que cela ne conduise à tâcher toute l'Église et l'action de la grande majorité de ses prêtres qui ne se reconnaissent pas dans ces errements. 

Cordialement 

 

 

Cher Monsieur,
J'ai effectivement eu le Père Lamande comme aumônier au petit collège de Franklin.
Je n'ai eu aucun
problème avec lui, mais je n'ai pas non plus été en situation d'en avoir.
Vous avez toute ma sympathie.
Cordialement

 



J’étais au Petit Collège en 62 et 63 (8ème et 7ème).
Je garde un souvenir très précis du Père Lamande et de son petit train, ainsi que de sa bibliothèque.
Alors que de nombreuses rumeurs ont pu courir sur le comportement de certains Pères, je n’ai le souvenir d’aucune le concernant et j’aurais tendance à croire que vous avez été victime d’un instant d’égarement de sa part.
Il me semble que les Jésuites de Franklin étaient très sensibilisés aux risques pédophiles. Je me rappelle parfaitement ma mère me faisant part des questions insistantes que lui avait posées le Père Ravier, recteur à l’époque, après qu’elle lui avait dit, sans penser au double sens éventuel, que j’”aimais beaucoup le Père Untel”.
Mais j’en conviens, ce témoignage est fort peu factuel.


Posté par jpmvallas2 à 17:06 - Permalien [#]

14 octobre 2010

contact téléphonique avec le père Debains

A cette date, je reçois un mail d’un camarade qui m’informe que le père Jean Debains, qui était préfet du petit collège, est encore vivant. Il me conseille de le contacter, et l’a prévenu de mon prochain appel téléphonique.

Je l’ai donc contacté par téléphone le lendemain. Il s’est montré étonné de mon témoignage et  m’a affirmé qu’a l’époque nul ne soupçonnais  rien des agissements du père Lamande tout en convenant que  ce genre de sujet était tabou. 

Posté par jpmvallas2 à 17:07 - Permalien [#]

18 octobre 2010

envoi du deuxième mail circulaire à 28 anciens élèves des promotions 1961 & 1962

ce deuxième mail est identique au premier

Posté par jpmvallas2 à 17:08 - Permalien [#]

TEMOIGNAGE anonyme 1, compte rendu d’une conversation téléphonique

Veut garder l’anonymat pour des raisons personnelles, est un ancien du petit collège

Me parle de quatre « incidents »

-1) Il était couché, seul, dans une chambre, et le père Lamande est venu lui dire bonsoir. Le voyant seul, au lit, dans la chambre, il lui a dit textuellement : « je pourrais me mettre tout nu dans le lit avec toi ».Il a refusé, et l’agression s’est arrêtée là.

-2) Se trouvant seul avec le père en promenade à pied autour d’un lac, celui ci lui a proposé de se baigner. Il a répondu au père qu’il n’avait pas de maillot de bain, et ce dernier lui a dit avec insistance « tu pourrais très bien te baigner tout nu ». Il s’en est tiré en disant que l’eau était trop froide et qu’il ne voulait pas se baigner.

-3) Evoquant des souvenirs de franklin avec un de ses amis, celui ci lui a dit, en parlant du père Lamande : « oh, quant à lui, ce serait aujourd’hui, il serait devant les tribunaux »

-4) Lors d’un camp d’été , à Compiègne, les enfants rentraient d’une excursion tassés dans une camionnette. Il était assis à coté d’un ami du père, artiste de  métier, et il l’a senti poser sa main sur son sexe, par-dessus son short. Il s’est immédiatement replié sur lui-même, la poitrine touchant ses genoux, obligeant l’ami du père à retirer sa main. L’ami lui a demandé : « qu’est ce que tu as », et il a répondu « j’ai mal au ventre ». Certes ceci ne met qu’indirectement en cause le père, mais engage quand même un peu sa responsabilité.

Posté par jpmvallas2 à 17:09 - - Permalien [#]

TEMOIGNAGE de Jean-Pierre Jacquet

Bonjour,

Je m'appelle Jean-Pierre Jacquet et nous étions ensemble au collège. Je me souviens de toi. J'y ai aussi passé 13 ans. Pas plus tard que la semaine dernière, je relatais à ma femme un incident pédophile dont j'ai été victime lors de ma "première confession" auprès du Père Lamande. L'année: 1951. Le lieu: une chambre rue Raynouard (le lieu où plusieurs πères résidaient). Après une préparation classique (instruction religieuse par le Père Lamande, achat d'un crucifix la veille de la première confession), je me rends avec ma mère chez le Père Lamande, sur rendez-vous, si j'ose dire. Un jeudi, en début d'après-midi. Le Père nous reçoit dans son antichambre, avec son effusion et bonhommie habituelles, qui en faisait un favori de nos parents. Ma mère ne remets mon crucifix neuf, enveloppé dans du papier de soie blanc, s'assied sur une chaise tandis que le Père Lamande et moi pénétrions dans sa chambre. J'étais à genoux sur un prie-dieu recouvert de velours vert foncé, et le Père Lamande était assis sur une chaise en face de moi, légèrement en quinconce, et penché vers moi de sorte que son visage était tout près du mien. Lumière tamisée. La confession commence comme prévu, au sens où les formules et échanges sont conformes au descriptif que l'on nous avait ressassé dans les cours d'instruction religieuse. Soudain le ton change, et le Père Lamande me demande à brûle pourpoint si je connais la différence enter les petites filles et les petits garçons. Un malaise m'envahit, je pense à ma mére dans la pièce d'à côté, je bredouille, ne sachant que dire. Il se fait plus pressant et commence à me décrire lui-même l'anatomie de l'appareil génital féminin, me demandant de confirmer sa description, me demandant si j'avais une soeur, me demandant de lui décrire le sexe de ma soeur. Je balbutie des réponses enfantines tout en versant des larmes d'angoisse. J'ai le souvenir d'une question précise, "comment est-ce à l'intérieur de la fente?"; je ne réponds pas, pétrifié que je suis; il persiste "c'est de quelle couleur?", et moi de répondre (j'en souris aujourd'hui) "rose"; "comme du jambon?", ajoute t'il; "oui, mon Père", je réponds. Au moment de l'absolution, il m'enlace et me serre contre lui, passe sa main sous ma culotte courte et me masse les fesses tout en anonnant les salamalecs d'usage. La confession est donc terminée. Le Père Lamande m'embrasse et rend à ma mère son fils de 7 ans, abasourdi, rouge de honte, essuyant ses larmes. Ma pauvre mère se dit sans doute que je venais de vivre une expérience mystique de choix et félicite chaleureusemnt le Père Lamande.

Je n'ai jamais raconté cet incident à mes parents, encore que j'ai faillit le relater à ma mère il y a un mois de cela. Ni à mes camarades de classe, intimidé sans doute par cette chape du secret qui entourait le sacrement de la confession.

Sans vouloir en faire des tonnes tout en le voulant, j'ajoute que j'ai été victimes d'attouchement par d'autres jésuites au moyen collège, toujours dans le cadre de confessions dans un bureau, sans parler d'un père surveillant en classe de seconde dont la spécialité était de fesser avec une chaussure de basket nous autre coupables à plat ventre sur un bureau, "4 sans la culotte, 8 avec la culotte", selon la formule. Les coupables: le Père Claire (orth?), le Père André, le Père aumonier de la classe de 3eme (son nom méchappe mais je me souviens de son haleine chargée), le Père Levesque...

Ces incidents détestables m'ont bien gâché mon long séjour à Franklin, dont je garde pourtant le meilleur souvenir et apprécie immensément à ce jour l'éducation reçue. Mais ils ont contribué au fait que je n'ai plus mis les pieds dans une église (hors mariages, enterrements, visites touristiques) ou dans un confessional depuis 1962. Et mes trois filles n'ont reçu aucune éducation religieuse.

En écrivant ces mots, il me revient à l'esprit que le bulletin trimestriel d'échanges entre parents, élèves, et enseignants de St Louis de Gonzague s'intitulait "Témoignages". Mon histoire est donc un témoignage à ajouter au tien et je t'autorise à en faire état quand et où bon te semble.

Amicalement,

Jean-Pierre Jacquet

Posté par jpmvallas2 à 17:09 - - Permalien [#]

08 novembre 2010

mail d’un camarade envoyé directement au père Lamy

Voici la copie du mail que j'ai envoyé hier soir.  

Père, 

Après lecture du mail que vous a envoyé Jean-Pierre, je crois urgent que vous réagissiez en droit positif, c'est à dire qu'une enquête soit diligentée et que les témoins et plaignants soient entendus (ou lus) par une commission aussi discrète que qualifiée. Non seulement lumière doit être faite mais une position publique exprimée, parce que c'est la Compagnie de Jésus qui est en cause puisque c'est elle qui a mis en relation le Père incriminé avec les enfants qui, 50 ans après, révèlent leur souffrance.

Deux choses à éviter absolument: 

1. Invoquer la prescription puisque, même si le Père est décédé, la Compagnie de Jésus, elle, existe toujours ainsi que l'établissement d'enseignement dont elle avait la charge à l'époque des faits; 

2. Se réfugier dans les paroles lénifiantes du genre "Pardonnons", "Aimons nous les uns les autres": les victimes ne sont pas coupables et les faits relèvent de la vie de la société civile. 

J'espère que vous comprendrez mon intervention qui ne se veut pas agressive, mais qui se veut ferme. Jean Pierre et les camarades en cause ont tout mon soutien: faites en sorte que ces tristes événements ne deviennent pas une affaire. Personne n'y gagnerait et certainement pas la Compagnie de Jésus.   


Posté par jpmvallas2 à 17:10 - Permalien [#]

09 novembre 2010

TEMOIGNAGE anonyme 3, compte rendu d’une conversation téléphonique

Il a fréquenté le petit collège, le père Lamande et le camp de Compiègne.

Une  demi-douzaine de fois, il a vu le père Lamande entrer dans la salle de bain, où il était seul, prendre son pénis à pleine main, et décalotter son gland en tirant sur le prépuce, en plusieurs mouvements de va et vient, pour, disait-il, vérifier qu’il n’était pas atteint de phimosis. Il avait une dizaine d’années.

Il a « oublié » ces épisodes jusque vers l’âge de quarante ans, puis a gardé ces souvenirs pour lui.

La lecture de mon mail l’a profondément ému, il a ressenti le besoin de m’en parler, et m’a remercié de ma démarche.

Posté par jpmvallas2 à 17:11 - - Permalien [#]

premier mail au Père Lamy, supérieur de la communauté St Louis de Gonzague

Bonjour mon père, 

Je reviens vers vous, un mois après la diffusion du mail ci-dessous, pour faire le point des réponses. 

J'ai envoyé ce mail aux 239 anciens élèves de franklin (promotion lycée 1961 à 1973) dont j'ai trouvé les adresses mail sur le site des anciens élèves.

30 adresses étaient erronées.

J'ai eu 45 réponses par mail.

13 anciens élèves n'avaient pas connu le père Lamande.

32 autres ont  répondu qu'ils n'avaient pas connaissance de faits similaires.

Dans leur ensemble, ils approuvaient ma démarche, et beaucoup ont fait preuve de chaleur humaine que j'ai appréciée.

4 sur les 32 désapprouvaient ma démarche, et comme vous, ont estimé que j'aurais mieux fait de me taire, l'un d'entre eux exprimant ce message avec une haine impressionnante.

 

1 a subi une agression à caractères sexuelle du père Lamande.

 

J’ai eu en plus 7 réponses  par téléphone dont 2 anonymes.

5 ont  répondu qu'ils n'avaient pas connaissance de faits similaires.

2 élèves du petit collège m’ont confirmé, de manière anonyme, qu’ils avaient eux aussi subis plusieurs agressions sexuelles de la part du père Lamande. 

 

Avant de prendre connaissance de ces agressions, je m’étais entretenu par téléphone avec un ancien  qui m'avait donné les coordonnées du père Jean Debains, SJ, 90 ans, et ancien préfet du petit collège pendant presque 40 ans, de 1954 à 1993.

Nous avons donc eu une conversation téléphonique.

Il en ressort que le père Debains a bien connu le père Lamande, qui  a été aumônier du petit collège d'environ 1950 à 1983.

Le père Debains s'est dit étonné de mon témoignage. Il  n'a jamais entendu de tels propos au sujet du père Lamande, et il pense que si ce dernier avait été coutumier du fait, il en aurait sûrement été au courant, tout en admettant qu'à l'époque ce sujet était tabou. 

 

Je n’ai donc pas pu partager avec le père Debains ces trois témoignages d’agressions sexuelles. Je joins au présent mail la description de ces évènements telle que je les ai reçus, et je vous en fait une brève synthèse ci-dessous.

 

Le premier, par téléphone, et souhaitant garder l’anonymat, m’a fait part de son  expérience avec le père Lamande :

Il était couché, seul, dans une chambre, et le père Lamande est venu lui dire bonsoir. Le voyant seul, au lit, dans la chambre, il lui a dit textuellement : »je pourrais me mettre tout nu dans le lit avec toi ». L’enfant a refusé, et l’agression s’est arrêtée là. 

Le deuxième a subi une agression verbale suivie d’attouchements dans le cadre du confessionnal. Il met de plus en cause d’autres prêtres coupables d’attouchements similaires.  

Le troisième souhaite aussi garder l’anonymat, et s’est exprimé par téléphone.

Une  demi-douzaine de fois, il a vu le père Lamande entrer dans la salle de bain, où il était seul, prendre son pénis à pleine main, et décalotter son gland en tirant sur le prépuce, en plusieurs mouvement de va et vient, pour, disait-il, vérifier qu’il n’était pas atteint de phimosis. Il avait une dizaine d’années. 

Je mets en pièce jointe le mail complet du deuxième témoignage , ainsi que mon compte rendu téléphonique des deux témoignages anonymes.  

En ce qui me concerne, je suspends provisoirement mon enquête sur ces conclusions, car je dois voyager hors de France pour une période de quelques semaines.  

Je tiens à votre disposition l'ensemble des mails que j'ai reçus, et suis prêt à vous les transférer, si vous le souhaitez, mais ceci avant le 18/11, date de mon départ. 

Je transmets le présent mail à toutes les  personnes à qui j'avais adressé mon premier mail, ainsi qu’au président des anciens élèves de franklin, à sa demande. 

Cordialement

Jean-Pierre Martin-Vallas

Posté par jpmvallas2 à 17:12 - Permalien [#]

10 novembre 2010

TEMOIGNAGE anonyme 4 reçu par mail envoyé directement au père Lamy avec une copie pour moi

 

 J'ai d'abord souhaité laisser Martin-Vallas  vous dire ce qui lui semblait important de vous transmettre. Aujourd'hui il me semble être arrivé à un terme de sa démarche, aussi je me permets de vous faire part de mon point de vue, à la fois personnel et professionnel. Je suis en effet un ancien du collège où j'ai été élève de 1961 à 1973, et j'ai bien connu le père Lamande. Aujourd'hui je suis psychiatre et psychanalyste, et je suis atterré du nombre de mes patients ayant subi un traumatisme sexuel dans leur enfance, et de la profondeur des traces vives qui en résultent plusieurs décennies après, remontant parfois à la surface comme un coup de tonnerre dans le ciel bleu d'une vie construite et équilibrée à l'occasion d'un évènement anodin plus de 20, 30 ou 50 ans après.

Concernant le père Lamande, je ne peux que confirmer le témoignage de Martin-Vallas, ainsi que ceux qu'il vous a transmis, quant à l'ambiguité très forte des relations tendres qu'il a entretenues avec ses élèves. J'ai moi-même un souvenir vif et présent des câlins qu'il me prodiguait sur ses genoux, me caressant le corps, les jambes et les cuisses, sans toutefois aller au-delà. Ce qui, un jour, m'a profondément troublé, fut le sourire sarcastique de camarades quand ils m'ont vu sortir de son bureau où j'étais resté bien longtemps. J'ai, ce jour, réalisé que ce que je prenais pour de l'affection, était à l'évidence bien autre chose ; comme tous les enfants (j'avais 8 ans) je n'avais voulu y voir que ce que j'en attendais, et j'ai vite fait de reléguer cette troublante impression au fin fond de ma mémoire, jusqu'à ma première psychanalyse. La toxicité sourde de ces actes était aussi très amplifiée par la grande capacité du père Lamande de s'attirer l'estime et l'amour des parents : comment un enfant peut-il remettre en cause un homme si bon que papa et maman ne jurent que par lui ? Bien que je n'ai assurément pas été victime d'un attentat sexuel, j'ai été séduit et trompé sur la nature de cette séduction. J'y relie aujourd'hui sans conteste le fait que, quelques années plus tard (j'avais 12 ans), je suis resté totalement figé, sidéré et sans réaction possible quand, dans le métro et profitant de la foule, un homme m'a caressé le sexe. J'y relie aussi le fait que le début de ma vie sexuelle fut une véritable galère, qui a au moins eu le mérite de me conduire chez un psychanalyste. Mais cette démarche fut là le fruit de bien d'autres facteurs de mon enfance, et il serait absurde d'y voir un effet positif d'actes psychiquement et humainement toxiques.

Si je vous écrit cela aujourd'hui, c'est parce que je suis entièrement d'accord avec ce que Martin-Vallas vous a demandé, c'est-à-dire une information "officielle" de votre part sur l'existence de tels actes de la part du père Lamande, et probablement d'autres pères du collège, durant ces années. Cela, évidemment, ne serait pas une démarche facile pour vous, mais cette difficulté ne témoigne-t-elle pas en elle-même de sa véracité, et donc de sa nécessité éthique ? Soyez en tout cas assuré que la difficulté à laquelle une telle démarche pourrait vous confronter restera bien peu de chose devant la difficulté, dont la votre ne serait en fait que l'écho, que rencontrent ceux qui ont subi ces actes quand ils souhaitent en parler à leurs proches.

Il m'apparaît comme une évidence que nombre des victimes pourraient ainsi être soulagés d'une doute pernicieux qui, toujours, ronge ceux qui ont subi de tels actes, et qui est d'autant plus tenace que ces actes ont été "soft" ; à savoir "n'ai-je pas rêvé ?", et "si je n'ai pas rêvé, n'est-ce pas moi qui ai provoqué ce que j'ai subi ?", avec en filigrane un doute se creusant, parfois très profondément, sur la valeur propre de la personne : "si j'ai rêvé, alors comment pourrais-je jamais avoir confiance en moi-même ?" Et "si j'ai provoqué un tel glissement odieux chez mon abuseur, alors ne suis-je pas moi-même une incarnation du mal ?" Évidemment de tels propos-pensées ne sont pas, le plus souvent, pensés consciemment, mais cela est bien pire, car alors comment y répondre ? Le seul fait de savoir que ces actes n'ont pas été perpétrés uniquement envers moi répond clairement aux deux questions : non, je n'ai pas rêvé, et les nombreuses autres victimes prouvent bien que je ne suis pas la cause première de ces dérapages. Cela autorise aussi à parler à ceux que l'on aime de cette part de vie restée si longtemps cachée.

Voilà pourquoi je ne puis, aujourd'hui, qu'appuyer la requête de Martin-Vallas, car, si vous aviez le courage de vous adresser ainsi aux anciens du collège, vous rendriez certainement un grand service à nombre d'entre eux. Et s'il n'y en n'avait qu'un seul qui serait ainsi libéré, cela n'en vaudrait-il pas la peine ? Quant à ceux que ces histoires rendent haineux, je ne suis pas certain que leur avis vaille bien plus que celui des marchands du temple : le premier temple de Dieu n'est-il pas notre humanité incarnée ? Attenter au corps de l'autre, n'est-ce pas attenter au corps même de Dieu ?

Un dernier point ; s'il s'avérait que toutes ces correspondances suscitent en vous un sentiment d'ennui, souvenez-vous alors du témoignage de Simone Weil, interrogée sur le silence des rescapés : "en rentrant des camps nous avons parlé, mais nous nous sommes vite tus : nous ennuyions" (citée de mémoire).

Avec mes salutations respectueuses et cordiales, et en restant à votre disposition si vous souhaitez échanger plus avant sur ces douloureuses questions,

Posté par jpmvallas2 à 17:14 - - Permalien [#]

17 novembre 2010

réponse du père Lamy par mail

 

Monsieur,

 

Je n’ai plus vos coordonnées téléphoniques et je serai heureux d’avoir de nouveau une conversation avec vous.

Je reprends contact avec vous avant le 18 puisque vous m’avez dit votre absence pendant un certain temps.

Je n’ai pas répondu immédiatement, souhaitant m’entretenir avec le Père Provincial de la Compagnie de Jésus de ce que votre enquête a révélé. Je suis touché ainsi que le Père Provincial par ce que vous m’avez transmis et le mail de votre frère.

Le Père Provincial a décidé de mettre en place une commission pour recevoir cette affaire ou d’autres qui pourraient se présenter. Vous pourrez la rencontrer si vous le désirez et voir avec cette commission quelle suite il convient de donner.

Je n’ai pas encore répondu à votre frère, ce que je vais faire sans tarder.

Je vous redis mon regret profond de ce qui vous est arrivé ainsi qu’à d’autres et le désir de faire au mieux pour chacun aujourd’hui.

Bien cordialement.

Père Jean-Paul Lamy

Posté par jpmvallas2 à 17:15 - Permalien [#]

22 novembre 2010

éviction 1 du père Lamande

 

Cher Camarade

Pour information, j’ai appris par une indiscrétion qu’en fait la hiérarchie du Père Lamande connaissait très bien la situation et les déviations de ce jésuite

Le Père Lauras , recteur, le savait

Comme le père Debains

Dans vos réponses, vous avez donc obtenu malheureusement beaucoup de mensonges

Et ce ne sont semble t il pas les récentes clarifications sur les prêtres pédophiles qui change quoi que ce soit

Je voulais tout de même vous prévenir

Bien cordialement

Posté par jpmvallas2 à 18:59 - - Permalien [#]
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