le 9 mai 2010

 

Objet : le père Lamande SJ, prêtre pédophile

PJ : un texte

 

Monsieur le directeur,

Je vous fais parvenir ci dessous mon vécu relatif au point cité en objet.

Comme vous le lirez, l’expérience que j’ai vécue avec ce prêtre ne m’a pas provoqué de souffrance insupportable. Je suis néanmoins intimement convaincu, vu la manière dont il est rentré dans mon lit, il y a 57 années, que je n’étais pas le seul petit garçon qu’il ait approché de cette manière.

Je voudrais donc d’une part savoir si vous avez eu d’autres témoignages relatives aux agissements pédophiles de ce prêtre, et d’autre part, je souhaiterais que mon histoire soit diffusée à mes anciens camarades, pour inciter ceux chez qui elle est restée enterrée à la faire ressortir, ce qui dans les cas les plus durs, peut être vital pour eux.

Mon histoire n’est qu’une petite histoire, au vu des scandales de prêtres pédophiles qui secouent la France et le Monde, mais je souhaiterais vivement savoir la suite que vous comptez lui donner.

Cordialement

Jean-Pierre Martin-Vallas

 

Le père Lamande SJ, prêtre pédophile

Je m’appelle Jean-Pierre Martin-Vallas, j’ai 65 ans, et j’ai passé 13 années de ma jeunesse dans des collèges jésuites, Franklin, Mount Saint Mary’s College et Ginette.

J’ai passé 3 ans au petit collège de Franklin, de la neuvième à la septième. Notre aumônier était le père Lamande, forte personnalité, très proche de ses élèves, connu pour son train en modèle réduit et apprécié de tous.

Ce qui suit s’est passé dans un camp de vacances, prêt de Compiègne, organisé et dirigé par ce père. J’avais environ 8 ans à l’époque. Nous dormions tous dans un dortoir d’environ une vingtaine de lits, ceux ci étant installés perpendiculaires aux murs, à quelque distance les uns des autres. Au cours d’une nuit, étant réveillé, j’ai vu le père marcher dans l’allée du dortoir, sans doute entrain de faire une ronde de surveillance. Il a vu que je ne dormais pas, et est rentré avec moi dans mon lit. Il a commencé par me caresser le torse, puis au bout de peu de temps j’ai senti ses mains chercher à passer sous le pantalon de mon pyjama. J’ai alors eu un mouvement de rejet qui a suffit à le faire partir.

Et l’affaire s’est arrêtée la.

Ce qui me surprend maintenant, est que jusqu’à l’âge de quarante ans, ma mémoire a complètement supprimé ce souvenir. Je n’en ai donc, jusqu’à cet âge jamais parlé à personne puisque moi-même j’avais effacé l’histoire de ma mémoire consciente, et je n’en ai absolument pas souffert, du moins consciemment.  Vers quarante ans, cette histoire m’est revenue progressivement en mémoire, et un jour, ayant une occasion professionnelle d’aller dans le quartier de Franklin, je suis rentré dans le bâtiment administratif du petit collège, et ai demandé à voir le père Lamande. Quelqu’un m’a répondu qu’il était décédé, et il ne paraissait pas étonné de ma demande, car il a ajouté : » Il aimait beaucoup les enfants »