J’ai donc reçu beaucoup de réactions, la plupart positives, quant à ma démarche, et certaines négatives, avec comme argument principal que ce père ne pouvait plus se défendre. Mais le summum des réactions négatives est le mail qui suit.

 

Monsieur
Il est des gestes qui sont inexcusables.
Mais, l'attitude qui consiste à les étaler avec complaisance dans les médias (et le mail diffusé à nombre d'exemplaires est un médium) me parait presque aussi perverse que ces actes répugnants.
Une quasi-complicité !
Alors, consultez un psychiatre, faites-vous aider par un prêtre, des amis ou votre famille, bref, surmontez votre problème.
Mais, de grâce, arrêtez cette publicité post-mortem : car, ce n'est pas cette vengeance mesquine qui vous sortira par "le haut" de cette difficulté.
Salutations.  

xxx
PS votre mail était dans les spams ; j'aurais dû l'y laisser, car c'était sa place.

 

J-P 

Merci de ces mails venant de ton, époque à Franklin… 

J’en ai parlé autour de moi, tous mes amis qui y ont passé des années… 

Voilà leur réaction : 

« Je trouve cette comptabilité de détail sinistre et aussi malsaine que les faits qu'elle évoque.

D’autant que ces vieux garçons ressassent toujours leurs souvenirs de gamins boutonneux.

On leur a peut-être dit ; si t’as rien, baigne-toi à poil  ! Et ils en ont rougi jusqu’à la racine des cheveux ! Cela fait très « pensée unique ».

A une époque (Ségolène je crois) les enseignants qui sortaient avec des enfants n’avaient pas le droit de les prendre dans leurs bras et de les embrasse et consoler s’ils tombaient et se faisaient un bobo... .

Alors, on a pendant quelques temps on a supprimé les sorties. Dérisoire.  De la mesure avant toute chose… »  

Je n’endosse ni ne rejette leur réaction…  

Par contre, je me demande pourquoi tout cela ressort maintenant… quels comptes restent-t-il à régler ? …. 

Peut être la parole prime-t-elle l’écrit dans ces circonstances…. 

Bien a toi 

 

 

Cher Jean-Pierre,
Je suis à la fois atterré et malheureusement pas très surpris par ton témoignage et ceux que tu rapportes: bien que n’ayant personnellement jamais eu à subir ce genre d’agression, et ne m’en étant jamais douté à l’époque, je me suis posé des questions lorsque des histoires de pédophilie dans des collèges religieux ont commencé à sortir dans la presse. Le souvenir de la très (trop !!) grande proximité du P. Lamande avec les élèves du petit collège m’avait alors rendu perplexe. Tu apportes malheureusement une réponse positive à ce questionnement.
Je conçois bien que tu aies pu en être durablement marqué, et que tu éprouves le besoin d’en parler, même plus de 50 ans après. Toutefois, je ne perçois pas bien le but de ta démarche lorsque tu lances cette enquête, dès lors que le P. Lamande n’est plus de ce monde. Autant la conspiration du silence ne doit pas protéger ceux qui sont encore en vie, autant il me semble que ce n’est plus à nous de juger ceux qui se sont présentés au Père en toute vérité.
Bien amicalement,

 

Le père Lamande étant mort il ne peut se défendre de vos accusations.
Il a le droit comme nous tous à un procès équitable que vous lui déniez : seule l'accusation  a la parole.