Bonjour mon père, 

Je reviens vers vous, un mois après la diffusion du mail ci-dessous, pour faire le point des réponses. 

J'ai envoyé ce mail aux 239 anciens élèves de franklin (promotion lycée 1961 à 1973) dont j'ai trouvé les adresses mail sur le site des anciens élèves.

30 adresses étaient erronées.

J'ai eu 45 réponses par mail.

13 anciens élèves n'avaient pas connu le père Lamande.

32 autres ont  répondu qu'ils n'avaient pas connaissance de faits similaires.

Dans leur ensemble, ils approuvaient ma démarche, et beaucoup ont fait preuve de chaleur humaine que j'ai appréciée.

4 sur les 32 désapprouvaient ma démarche, et comme vous, ont estimé que j'aurais mieux fait de me taire, l'un d'entre eux exprimant ce message avec une haine impressionnante.

 

1 a subi une agression à caractères sexuelle du père Lamande.

 

J’ai eu en plus 7 réponses  par téléphone dont 2 anonymes.

5 ont  répondu qu'ils n'avaient pas connaissance de faits similaires.

2 élèves du petit collège m’ont confirmé, de manière anonyme, qu’ils avaient eux aussi subis plusieurs agressions sexuelles de la part du père Lamande. 

 

Avant de prendre connaissance de ces agressions, je m’étais entretenu par téléphone avec un ancien  qui m'avait donné les coordonnées du père Jean Debains, SJ, 90 ans, et ancien préfet du petit collège pendant presque 40 ans, de 1954 à 1993.

Nous avons donc eu une conversation téléphonique.

Il en ressort que le père Debains a bien connu le père Lamande, qui  a été aumônier du petit collège d'environ 1950 à 1983.

Le père Debains s'est dit étonné de mon témoignage. Il  n'a jamais entendu de tels propos au sujet du père Lamande, et il pense que si ce dernier avait été coutumier du fait, il en aurait sûrement été au courant, tout en admettant qu'à l'époque ce sujet était tabou. 

 

Je n’ai donc pas pu partager avec le père Debains ces trois témoignages d’agressions sexuelles. Je joins au présent mail la description de ces évènements telle que je les ai reçus, et je vous en fait une brève synthèse ci-dessous.

 

Le premier, par téléphone, et souhaitant garder l’anonymat, m’a fait part de son  expérience avec le père Lamande :

Il était couché, seul, dans une chambre, et le père Lamande est venu lui dire bonsoir. Le voyant seul, au lit, dans la chambre, il lui a dit textuellement : »je pourrais me mettre tout nu dans le lit avec toi ». L’enfant a refusé, et l’agression s’est arrêtée là. 

Le deuxième a subi une agression verbale suivie d’attouchements dans le cadre du confessionnal. Il met de plus en cause d’autres prêtres coupables d’attouchements similaires.  

Le troisième souhaite aussi garder l’anonymat, et s’est exprimé par téléphone.

Une  demi-douzaine de fois, il a vu le père Lamande entrer dans la salle de bain, où il était seul, prendre son pénis à pleine main, et décalotter son gland en tirant sur le prépuce, en plusieurs mouvement de va et vient, pour, disait-il, vérifier qu’il n’était pas atteint de phimosis. Il avait une dizaine d’années. 

Je mets en pièce jointe le mail complet du deuxième témoignage , ainsi que mon compte rendu téléphonique des deux témoignages anonymes.  

En ce qui me concerne, je suspends provisoirement mon enquête sur ces conclusions, car je dois voyager hors de France pour une période de quelques semaines.  

Je tiens à votre disposition l'ensemble des mails que j'ai reçus, et suis prêt à vous les transférer, si vous le souhaitez, mais ceci avant le 18/11, date de mon départ. 

Je transmets le présent mail à toutes les  personnes à qui j'avais adressé mon premier mail, ainsi qu’au président des anciens élèves de franklin, à sa demande. 

Cordialement

Jean-Pierre Martin-Vallas