bonjour mon père

Je suis actuellement à Boujdour, au milieu du désert du Sahara,  mais l’information que je viens de recevoir me trouble tellement que je tiens à vous la communiquer.

Je viens en effet de recevoir  un mail dont je vous cite l’extrait qui me perturbe.

Cher Camarade

Pour information, j’ai appris par une indiscrétion qu’en fait la hiérarchie du Père Lamande connaissait très bien la situation et les déviations de ce jésuite.Le Père Lauras, recteur, le savait. Comme le père Debains

Cette information m’a été donnée par une dame qui travaillait au petit collège en même temps que lui (le père Lamande)

Je suis désolé mais je ne peux pas vous donner de nom car cela mettrait trop de personnes dans la gène. 

La position prise par le père Debains ne me paraissait pas très vraisemblable, mais vu sa qualité de prêtre et son âge, je ne m’imaginais pas qu’il puisse mentir. Avec ce témoignage, j’en suis maintenant convaincu, jusqu’à preuve du contraire.

Comment un prêtre à la veille de sa rencontre avec Dieu peut-il mentir de la sorte au prétexte  de sauver la réputation de la compagnie de Jésus ? Ne se rend-il pas compte, qu’au contraire, il va lui faire un mal immense. Car si le caractère anonyme de ce témoignage lui enlève un peu de sa force, empêchant toute confrontation, je me fais fort, dès mon retour de pousser les investigations dans cette direction. Et il risque fort d’être établi que les jésuites font peu de cas du mouvement actuel de l’église catholique sur la pédophilie des prêtres.

Nous avions évoqué la faible probabilité de trouver des témoins vivant de cette époque.

Du fait de mon enquête, je sais maintenant qu’il y en a au moins quatre : les pères Lauras et Debains, cette ancienne employée du petit collège, et une quatrième femme dont je suis aussi obligé de taire le nom.

J’ai cherché à contacter le père Lauras à sa « maison de retraite », mais on m’a répondu qu’il venait de se faire hospitaliser. Voilà, vous savez tout.

Quant à moi, je continue mon voyage en espérant pouvoir suspendre mon activité sur cette affaire  pendant toute sa durée.

Cordialement

JP Martin-Vallas