Ceci est le premier entretien depuis bientôt 2 ans entre le père et moi même, Jean-Pierre Martin Vallas, puisque j'ai décidé de reprendre l'affaire au point où elle en était restée le 11 octobre 2014. Nous avons abordé les points suivants :

 

1... Conditions du départ du Père Lamande du petit-collège  en 1977
En octobre 2014, il avait été convenu que le père de Kergaradec enquêterait  pour avoir confirmation des conditions du départ du Père Lamande de Franklin.
En effet quatre élèves avaient témoigné spontanément que le père était parti du collège suite à une affaire de mœurs à la demande des parents des enfants concernés.
L'enquête à ce jour n'a pas avancé du tout car le père attendait que ces élèves se manifestent et personnellement je pensais qu' il se chargeait de les approcher.
Ce point  est tout à fait révélateur de la différence fondamentale de perception de la mission des Jésuites dans cette affaire. La création d'un groupe d'accueil, et non d'une commission d'enquête,  en est une autre manifestation. La position de la Société de Jésus est d'attendre que les victimes se manifestent pour les accueillir, les écouter et ensuite les renvoyer dans leurs foyers en espérant fermement que personne n'en parlera plus. 
Mon attente était , et  est encore, qu'une vraie enquête dynamique, efficace et complète soit effectuée par la société de Jésus, pour faire toute la lumière sur l'affaire .
Le père de Kergaradec m'apprend alors  que ce groupe d'accueil ne s'est jamais réuni depuis sa création et qu'il n' a reçu que deux demandes d'intervention .

2... Toujours fin 2014 le père Arnaud de Rolland SJ avait écrit à un de mes camarades  "seule la pleine lumière peut apporter vérité et réconciliation"
Je lui avais donc répondu en lui demandant où comptait-il exposer cette lumière ?
À ce jour, et depuis donc 2 ans, j'attends toujours sa réponse.

3... J'expose au père de Kergaradec que pendant les 4 premières années  de mon combat j'avais vraiment cru et espéré que l'affaire du père Lamande pourrait se régler à l'intérieur de la Société de Jésus  ou, en tout cas, à l'intérieur de l'église. J'ai maintenant compris après ces 2 années de silence, la révélation du film Spotlight et l'affaire du cardinal Barbarin, que ce ne serait pas le cas. Et donc je me suis décidé à solliciter maintenant l'intervention des médias.
Les Jésuites de France ont maintenant le choix entre continuer leur pratique de l'omerta où reprendre vigoureusement l'enquête sur cette affaire et les autres engageant leur responsabilité avant l'intervention des médias.

4... Le père de Kergaradec m'apprend qu' une affaire semblable à celle de Franklin a été découverte il y a quelques années au collège jésuite de Berlin . À l'époque la réaction du provincial allemand n'a pas du tout été celle de l'omerta mais au contraire celle de l'information au public, de l'ouverture et de la clarté. Sa réaction avait choqué beaucoup de personnes de son entourage, mais il s'est avéré à la lumière de cette expérience, que c'était la bonne méthode  à la fois pour les victimes et pour la Société de Jésus .

Vous pouvez en savoir plus sur cette affaire en consultant ce lien :

http://www.la-croix.com/Religion/Actualite/Deux-ans-apres-le-college-jesuite-de-Berlin-sort-de-la-tourmente-_NP_-2012-01-02-753111

5... J'informe le père de Kergaradec de ce qui s'est passé en Belgique à propos d'une affaire de pédophilie au collège jésuite de Tournai. C'est une victime,  ancien élève de ce collège qui a publié cette information sur le blog de "la parole libérée". À l'époque, outre les victimes des Jésuites, plusieurs centaines de victimes d'actes pédophiles de la part de membres de l'Église catholique s'étaient manifestés.  L'église avait alors conclu un deal avec chacun d'entre eux,  leur faisant promettre le silence total sur cette affaire moyennant une rémunération d'environ 3000 € par personne.
De plus, cette victime, peu de temps après les faits,  avait demandé à consulter les archives concernant son agresseur. Il lui avait été répondu que ces  archives étaient au secret pour une période de 50 ans. Récemment,  les 50 années étant écoulées et demeurant à l'étranger, il avait chargé un de ses amis résidant en Belgique de  consulter ces archives. On lui a alors répondu que  les 50 années étaient prolongées d'une deuxième période de 50 années.
Pire encore, les responsables Jésuites avaient affirmé à une commission officielle qu'il n'existait pas d' archives.

6... A la fin de cet entretien je propose au père de Kergaradec cinq lignes d'action.
----- changer la dénomination du  groupe d'accueil en « commission d'enquête » et faire évoluer sa mission vers des enquêtes actives et dynamiques, pour faire une vraie lumière sur les affaires de pédophilie dans tous les établissements de France sous responsabilité des Jésuites et incluant, non seulement les prêtres, mais aussi les laïcs qui y exercent.
----- reprendre l' enquête sur les conditions de départ du père Lamande
----- obtenir une réponse du père Arnaud de Rolland à mon mail du 29 /10/ 2014
----- me permettre de présenter mon témoignage à une réunion de l'association des anciens élèves de Franklin .
----- obtenir des explications de la part des Jésuites Belges sur le traitement évoqué de l'affaire des prêtres pédophiles Jésuites au collège de Tournai

 

7... Le père de Kergaradec entend mes demandes et  accepte de les présenter au Provincial France et précise que seul le Provincial  peut décider des réponses à apporter.