Monsieur,

Je confirme avoir été scolarisé à saint Louis de Gonzague au milieu des années soixante au petit Collège, puis rue Franklin.

Durant cette période j'ai été confronté au Père Lamande qui m'a pris sur ses genoux, caressé le dos, le cou, les cuisses, à plusieurs reprises. Tout le monde était au courant de l'attitude de ce père: lorsque j'ai « eu le privilège » d'être invité à ma première séance de train électrique, un camarade m'a prévenu « Ne soit pas à coté du Père Lamande quand il éteindra la lumière ». Je n'ai compris pourquoi qu'après.

Après avoir « participé «  à plusieurs séances, j'en ai parlé à mes parents qui ont averti le directeur de l'établissement, le Père Debains, je pense. Je n'ai, à compter de cette date, plus jamais été invité aux séances de train électrique pendant lesquelles j'avais subi ces faits.

Avec un autre Père, Responsable des sports, je me souviens parfaitement des faits suivants :

A la piscine il m'a demandé, alors que je sortais de l'endroit ou, nous nous changions, de vérifier que j'avais bien mis mon costume de bain à l'endroit. Pour ce faire, tenez vous bien, je devais lui montrer l'intérieur de mon maillot, devant, « pour voir si l'étiquette y était ». Si elle n'y était pas, il en déduisait qu'elle était derrière et que donc mon costume de bain était à l'endroit. Plusieurs autres élèves ont également du montrer que leur maillot était dans le bon sens. C'était devenu un défi entre nous : il fallait filer directement des cabines au bord bassin ( sans se faire prendre ) pour ne pas être obligé << de montrer notre zizi>> au père. On en rigolait pendant le trajet de retour vers la rue Franklin. Là encore tous savaient I

Je suis admiratif de votre action qui doit porter ses fruits : pas tant vis-à-vis des malades mentaux pédophiles qui nous entouraient, pas tant vis-à-vis de l'encadrement de l'école, ni de la hiérarchie des Pères Jésuites qui n'a rien fait pour les écarter, il est trop tard, ils sont morts sans aller à confesse...,mais vis-à-vis de l'institution qui semble continuer à faire comme si de rien n'était.

Faire semblant de ne pas savoir serait une attitude lâche, irresponsable, voire complice d'actes qui aujourd'hui mènerait directement au pénal ces pères qui disposaient d'une autorité morale sur des gamins, même pas des ados.

Je serai choqué que les Pères Jésuites et l’Église catholique ne fassent pas jaillir la lumière en menant une enquête efficace et rapide, pour que nous puissions courageusement affronter, tous ensemble, la vérité en face.

Oui beaucoup plus choqué aujourd'hui que I' omerta continue, que les pères responsables en place couvrent ces faits avérés, plus choqué que je n'ai été à l'époque d'avoir subi les actes décrits ci dessus. 

Heureusement pour moi... 

Je vous remercie de vos efforts, vous pouvez compter sur mon total soutient, 50 ans après.

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