« Le sentiment d’une justice parallèle »

Ancien scout de Sainte-Foy-lès-Lyon et victime du père Preynat, Alexandre est à l’origine de l’action de la justice dans cette affaire. Il juge « plutôt bien » les diverses annonces de l’épiscopat mais doute malgré tout de leur portée réelle. « On voit assez peu de sanctions contre les pédocriminels, et on peut se demander si quelque chose a vraiment changé depuis l’affaire Pican, relève-t-il. On a le sentiment d’une justice parallèle faite pour laver son linge sale en famille. L’institution ne se sent pas vraiment concernée. Si on ne dépense pas une énergie surhumaine, rien ne se passe. On est obligés de forcer les choses. »

C’est aussi l’impression exprimée par Jean-Pierre Martin-Vallas. Cet ancien élève du petit collège Saint-Louis-de-Gonzague, à Paris, géré par les jésuites, tente depuis des années d’obtenir la reconnaissance des attouchements qu’il a subis, en 1953, de la part de l’aumônier de l’établissement, la recherche d’éventuelles autres victimes du père Lamande, la vérité sur ce que sa hiérarchie savait, ou non, à l’époque. A la suite de la publication de son histoire, les jésuites ont édité en septembre un document intitulé « Face aux situations d’abus sexuels – Prévention et actions ».

Deux ans plus tôt, ils avaient constitué un groupe d’accueil chargé de prendre en charge les victimes de ce type de faits« Ils m’ont dit qu’ils voulaient faire la lumière. Mais plusieurs fois je leur ai demandé : cette lumière, qu’en faites-vous ? Je n’ai jamais eu de réponse à cette question », affirme Jean-Pierre Martin-Vallas.

 


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