Je reçois l’appel d’un homme qui a la cinquantaine, et souhaite rester anonyme.

Lors d’un camp de scout, il s’était fait mal et saignait abondamment. A sa sortie de l’infirmerie, le responsable du camp, un père jésuite belge enseignant au collège de Bruxelles, lui dit que pour le soigner, il va le prendre dans sa tente pour passer la nuit avec lui . Puis le prêtre s’allonge nu contre lui, et l’agresse sexuellement.

En 2012, à la suite d’un scandale lié à un évêque pédophile, un centre d’arbitrage en matière d’abus sexuel est créé en Belgique, et il décide avec beaucoup de réticence de leur adresser son témoignage.

Il est reçu et écouté ; c’était la première fois de sa vie qu’il parlait de cette agression à quelqu’un ! A son grand étonnement, on lui propose une indemnisation financière, ce qui n’était pas du tout ce qu’il était venu chercher. Il commence par refuser, et déclenche la colère de l’avocate représentant le fond d’indemnisation, car elle avait compris que c’était une manœuvre pour avoir encore plus d’argent.

Finalement, il a accepté l’indemnisation, car à l’époque , il en avait besoin, mais en échange, il a du signer un engagement de secret sur son affaire, ce qu’il regrette amèrement aujourd’hui.