Mon père,

 

 

je fais suite à votre lettre du 07/06 relative à la Ciase. J’ai déjà contacté cette commission et dois les rencontrer prochainement. Vous reprenez dans votre lettre les objectifs de cette commission, et vous donner l’impression de les partager, ce qui pour moi est une heureuse surprise.

Vous me rappelez l’existence de votre cellule d’accueil. J’ai été en contact avec elle depuis sa création, et nos relations se sont terminées sur un mail du 27/10/2016 du père de Rolland, me disant « qu’il n’avait plus rien à ajouter » à nos différents échanges, alors qu’il n’avait jamais répondu à la moindre de mes questions, et ce avec l’accord du provincial de l’époque, le père Grenet .

En ce qui me concerne directement, je n’ai toujours pas eu confirmation des conditions du départ de Franklin du père Lamande en 1977; j’ai reçu 9 témoignages d’anciens élèves affirmant que c’était à cause de ses actes de pédophilie ; mais les archives de la communauté de St Louis de Gonzague seraient muette sur ce point, et je ne pense pas que les archives de l’école, détenues par l’association des anciens élèves, aient été consultées. Il me semble peu vraisemblable que, si 9 personnes affirment qu’il est parti pour faits de pédophilie, ce ne soit pas vrai, et le cas échéant, que rien n’ai été écrit à l’époque.

Par ailleurs, j’ai plusieurs fois informé la cellule d’accueil que j’avais reçu 10 témoignages d’agressions sexuelles par d’autres jésuites, dans d’autres collèges. Elle n’a strictement rien fait pour recueillir la parole de ces quelques centaines de victimes, Le 02/10/2010, le père Grenet m’avait fait dire ce qui suit pour justifier son inaction : 

« Il estimait que quarante ans après ces faits, ces enfants devaient avoir trouvé un équilibre de vie satisfaisant, et qu’il n’y avait pas lieu de le perturber. De plus, le prêtre en question étant décédé, il ne voyait pas l’intérêt d’une enquête. »

Pendant les 9 années qui ont suivie, cette déclaration de foi a été appliquée à la lettre par les jésuites de France ; et rien n’a été fait auprès de ces victimes. Peut être en serait il temps ?

 

Cordialement

JP Martin Vallas