Mon père,

 

je tiens à vous remercier de votre lettre du 27/06. Vous me redonnez un peu espoir.

 

Concernant les conditions du départ du père Lamande, pouvez vous me confirmer que vous avez bien consulté les archives de l‘école ; il est curieux qu’en face de neuf témoignages d’enfants, il n’y ait aucune trace écrite.

 

Je dois vous faire part de mon extrême méfiance de votre  "Groupe d’accueil et de veille pour les situations d’abus sur les personnes" compte tenu d’une part de mon expérience avec lui, et d’autre part du nom même qu’il porte.

Je viens d’avoir un long entretien avec deux membres du Ciase. Mes deux demandes sont toujours les mêmes : les conditions de départ du père Lamande, et l’exploitation des 11 témoignages dont j’ai eu connaissance sur 9 prêtres jésuites pédophiles et 2 salariés. Je vous joins ces témoignages, en espérant que vous voudrez bien enquêter activement à la recherche des victimes de ces personnes. Vous devez maintenant savoir que parler, pour une victime, est aussi difficile que de se jeter du troisième étage de la tour Eiffel, et qu’une démarche active et bienveillante est indispensable. 

 

 

J’attends avec intérêts de voir la manière dont vous communiquerez pour encourager la prise de parole des victimes et le cas échéant, je la relaierai auprès de celles qui m’ont contacté. Mais je suis convaincu que des enquêtes directement dans les collèges concernés sont indispensables. 

 

 

Vous dites que des demandes divergentes sont exprimées par les victimes. Vous me rappelez la lettre du 14/10/2016 du père de Rolland qui écrivait : « Cependant, ces associations invitent à la plus grande prudence quant à la prise de contact directe avec les victimes. Selon leur expérience, des démarches ‘pro-actives’ de notre part peuvent en effet être blessantes et perçues comme intrusives en arrivant à un moment inopportun dans la vie de personnes victimes. » et qui en a bien profité pour ne rien faire. 

 

 

Vous faites porter vos efforts sur les actions de prévention ; je vous en félicite. Mais, dire que la maison sera désormais gérée dans l’absolue propreté, sans avoir fait un ménage à fond, ne convaincra pas grand monde. 

 

 

Respectueusement votre.

 

JP Martin Vallas