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Le père Lamande, prêtre jésuite pédophile________il est conseillé de commencer par le message du 01/05/2010

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31 mai 2025

Collectif

Bonjour, Je veux d'une part vous confirmer la création d'un collectif des victimes d'abus sexuels par des prêtres jésuites ( voir le dernier message) et bien sûr vous invitez à nous rejoindre d'autre part vous informer que tout ce qui va concerner ce...
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1 mai 2010

raisons de ce blog : le père Lamande S.J. prêtre pédophile

Le 1/05/2010, j’écrivais ceci : Ayant été victime d’agissements pédophile de la part de ce prêtre il y a une cinquantaine d’années, et poussé par une forte motivation intérieure, j’ai décidé de parler, d’interroger mes camarades de l’époque et d’interpeller...
31 mai 2025

Collectif des victimes d’abus sexuels par des prêtres jésuites

Collectif des victimes d’abus sexuels par des prêtres jésuites

Ce collectif a pour vocation de rassembler le plus grand nombre de victimes d’agressions sexuelles commises par des prêtres jésuites ou des laïcs employés par la Compagnie de Jésus, afin de les aider à se libérer de l’emprise mortifère toujours active de leurs agresseurs (enfermement, isolement, culpabilité, honte, peur, silence), les encourager à parler et à échanger leurs expériences. Il vise aussi à permettre d’établir un dialogue réel et de travailler de concert avec les jésuites sur un certain nombre d'objectifs essentiels pour briser le silence et rendre dignité et justice aux victimes. Toute personne sensible à cette démarche peut aussi rejoindre ce collectif.

Récemment, Jean-Marc Sauvé, Président de la CIASE (Commission indépendante sur les abus sexuels dans l'Église) et Antoine Garapon, Président de la CRR (Commission Reconnaissance et Réparation) ont constaté, avec beaucoup de dépit, que seulement 1% des 330 000 victimes d’agressions sexuelles commises au sein de l'Église catholique avait contacté la CRR et l’INIRR (Instance nationale indépendante de reconnaissance et de réparation), organismes créés en novembre 2021, suite à la publication du rapport de la CIASE, pour reconnaître et réparer les personnes victimes de violences sexuelles commises par des membres d’instituts religieux et dans l’Église.

Notre expérience est qu'il est extrêmement difficile à une victime de parler, surtout lorsqu'elle a intériorisé et muselé sa souffrance depuis 30, 50 ans, voire plus encore. Mais aussi, qu’arriver à parler est un premier pas très efficace vers l'apaisement de la souffrance, comme en ont témoigné de très nombreuses victimes. Si l’on applique le ratio estimé par la CIASE de 63 victimes/agresseur aux 97 jésuites identifiés à ce jour, environ 6000 victimes resteraient silencieuses[1] - et environ 2300 si l’on accepte l’estimation jésuite de 25/agresseur).

En 2021, les jésuites invitaient les victimes à briser le silence et reconnaissaient que pour savoir combien de personnes victimes restent silencieuses, on ne pouvait se contenter de recenser les plaintes et les témoignages[2]. En mars 2023, ils répétaient leur résolution de faire la lumière sur les exactions commises dans le passé et promouvaient le lancement d’appels à témoins sur leur site[3]. En décembre 2024, lors d’un colloque « sur une expérience de justice réparatrice » organisé par la CRR, aux Facultés Ignace de Loyola, un sondage révélait que, hormis quatre jésuites, personne dans l’assemblée n'avait entendu ni vu lesdits appels[4]. Or les victimes laissées pour compte continuent de souffrir dans l’ombre, s’épuisent, et peu à peu, s’éteignent en silence. Le temps presse. Seule une action collective et médiatisée pourra convaincre les jésuites à mettre réellement en pratique la théorie du Magis (toujours plus) qu’ils prône à l’envi et s’engager réellement vers davantage de transparence, de justice, d’humilité, et réellement prendre en compte la souffrance de toutes les victimes ainsi que les alertes leur indiquant des moyens d’aide possibles à mettre en œuvre.

Rendre publique la liste nominative des 97 prêtres jésuites identifiés pour violences sexuelles, en France, de 1950 à aujourd’hui, ainsi que les lieux dans lesquels et les années durant lesquelles ils ont sévi - à l’instar des jésuites américains et canadiens[5] qui ont, eux, publié, avec courage, audace et humilité, la liste de leurs membres abuseurs - contribuerait à inciter les victimes à parler (réf. Affaires Abbé Pierre, Bétharram, Frères de Saint-Gabriel, etc.). La CRR a constaté que la médiatisation avait permis l’augmentation des saisines[6]. Car voir ou entendre le nom de son agresseur permet d'évoluer du statut de coupable à celui de victime - notamment en s'apercevant qu'on n’est pas la seule victime de son agresseur mais qu'il en a fait beaucoup d'autres -… Et d’évoluer du statut de victime, à celui de témoin ! Et par crainte de l’exposition médiatique, la peur et la honte changeant de camp, les pédocriminels ne pourront plus aisément se permettre de se croire protégés par le silence et l’impunité de leur institution. « Celui qui fait le mal déteste la lumière : il ne vient pas à la lumière, de peur que ses oeuvres ne soient dénoncées » (Jean, 3-20).

De même, un cabinet expert, tiers indépendant, doit être mandaté pour enquêter sur les jésuites identifiés et rechercher les 2300 à 6000 victimes potentielles non identifiées. Plus en confiance, les victimes viendraient plus nombreuses pour témoigner (réf. Affaires Abbé Pierre, Bétharram, Focolari, MEP, etc.)

Tendre la main pour encourager à parler, tel est l’appel de ce collectif, initié par Roland TRAN VAN et Jean-Pierre MARTIN-VALLAS, tous deux victimes d'agressions sexuelles par des prêtres jésuites dans leur enfance.

Si vous souhaitez rejoindre ce collectif, vous pouvez nous contacter à cette adresse : covijez@gmail.com

Les adhérents seront tenus au courant de nos actions, de nos contacts, de nos échanges de correspondance, via une page Facebook ; tapez « Collectif des victimes d’abus sexuels par des prêtres jésuites » sur la barre de recherche de Facebook; et par un blog sur internet. https://covijez.over.blog (ctrl + clic du gauche)

Plus nous serons nombreux, plus nous serons efficaces.


 


 

 [3] Newsletter des jésuites n° 92 - 17/03/2023

 [4] https://www.reconnaissancereparation.org/une-experience-de-justice-reparatice / Intervention de Roland Tran Van à 2.31.00 jusque 2.37.40.

 [5] « On a posé un geste d’humilité ». Après tout, publier une telle liste, enquêter et faire la lumière sur des gestes honteux du passé, vérifier les dossiers de tous ceux qui ont fait profession depuis les années 1950, c’est « une humiliation ». Mais si les jésuites veulent « être fidèles à leurs racines, ils doivent demander d’avoir la grâce du courage ». Ils doivent aussi faire preuve de « proactivité envers cette réalité

13 mai 2025

de Grégoire Le Bel

Bonjour monsieur,

comme convenu les témoignages ont été partagés à l'ensemble des communautés jésuites dans le cadre de la formation à la prévention et afin de poursuivre la prise de conscience de cette douloureuse réalité que furent les agressions par des jésuites.

Ce recueil rassemblant ces témoignages n'est pas destiné à être publié au-delà de ce cercle. La demande que nous avions envoyée aux personnes victimes indiquait : « Je donne mon accord pour l’envoi, aux Communautés jésuites de la Province EOF, de mon témoignage lu le 1er mars et anonymisé. »

Par ailleurs, les personnes victimes qui ont choisi de rendre public leur témoignage l'ont déjà fait. (je pense par exemple à Mr Jean-Marc TURINE avec qui vous êtes en contact et qui en a fait le récit dans l'ouvrage "Révérends pères" ou à mr Roland TRAN VAN à travers divers articles et sa participation à l'ouvrage "Quand le diable a revêtu l'habit.")

Bonne journée

Fraternellement,

 

Grégoire LE BEL

 

10 mai 2025

à la cellule jésuite de prévention

Bonjour ,

le 3 mars, par courriel, j'avais demandé à Thierry Dobbelstein s'il était possible de recevoir une copie des témoignages qui avaient été lus lors de la journée mémorielle du premier mars. Mon courriel vous avait été transmis et vous avez d'ailleurs répondu sur une partie du dit courriel, mais pas sur cette demande.

Ensuite, vous avez souhaité que ces textes puissent être utilisés par la communauté des jésuites, ce sur quoi je vous ai bien entendu donné mon accord et transmis le texte de mon témoignage.

De la même manière, serait il possible de recevoir l'ensemble de ces témoignages, comme je vous l'ai demandé le 3 mars ?

 

Cordialement

 

Jean-Pierre Martin-Vallas

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29 avril 2025

de Agnes Delepine

Bonjour Monsieur,

Au cours de notre rencontre ce dimanche avec les membres du collectif qui avaient préparé la journée mémorielle du 1er mars dernier, nous avons présenté votre demande concernant la création d’un groupe de paroles de personnes victimes. 

Après un temps d’échange, il est apparu que se rencontrer entre personnes victimes peut effectivement avoir du sens. En même temps, pour le collectif, notamment les personnes victimes qui en font partie, il s’agirait d’une proposition délicate qui devrait être animée par une personne compétente qui puisse être facilitatrice et ne soit pas elle-même personne victime. 

Un autre point est remonté à savoir la proximité géographique du lieu de résidence actuel des personnes. Celle-ci serait un atout pour tisser les liens et la confiance nécessaires qui offre l’opportunité de rencontres en présentiel 

A ce propos, des groupes de parole existent déjà dans certains diocèses ou au sein d’associations d’aide aux victimes. 

Pour toutes ces raisons, il ne nous semble donc pas opportun pour nous d’organiser une telle rencontre comme vous le suggériez dans votre demande. 

Bien à vous 

Pour la cellule

 

Agnès DELÉPINE

 

17 avril 2025

à Mme Fatiha Keloua Hachi

Madame,

C’est moi qui vous remercie d’avoir bien voulu prendre connaissance de ma lettre.

Ma démarche ne relève pas d’un quelconque courage, mais elle est le fruit d’une profonde colère à l’encontre des institutions jésuites et de l’Église catholique en France.

Bien entendu, je vous donne mon accord pour transmettre mon témoignage aux deux administrateurs que vous mentionnez, en espérant qu’il sera entendu et pris en compte.

Cordialement,
Jean-Pierre Martin-Vallas

16 avril 2025

Témoignage de Jean-Pierre MV sur le site "garder mémoire" de la CEF

Témoignage de Jean-Pierre

Mon histoire commence en 1990, j’avais 45 ans. Je vois défiler devant mes yeux des images extrêmement surprenantes. Dans un camp de vacances que ce prêtre organisait tous les ans, en pleine nuit, je cherche le sommeil.  J’ai neuf ans.  Je le vois se glisser dans mon lit, me caresser le torse, sous mon pyjama, puis les fesses ; j’ai alors un mouvement instinctif de rejet. Il sort du lit, puis plus rien. L’enfant de neuf ans que j’étais a mis en place inconsciemment, pour se protéger ce qu’on appelle une amnésie post-traumatique.

Intrigué, je cherche à le rencontrer mais il est décédé, me dit-on.

Ce n’est qu’après ma retraite que j’écris en demandant s’il était connu comme pédocriminel, Après leur réponse négative, je leur demande de faire une enquête pour savoir s’il avait fait d’autres victimes, car dans le cas contraire, je crains d’être devenu fou ou schizophrène.  Ils mettent six mois à m’opposer un refus très ferme, et dans la foulée, j’envoie mille courriels. Dix m’ont répondu avoir aussi été victimes de ce prêtre ! Le supérieur décide de créer une commission d’enquête. Mais il me faudra le harceler pendant 4 ans, pour que soit créé un « groupe d’accueil de victimes d’abus moraux … » sans mention d’abus sexuels !

Toutes mes démarches sont consignées sur mon blog. A ce jour, une cinquantaine de victimes de prêtres m’ont contacté par l’intermédiaire de mon blog ou d’actions médiatiques. Quatre m’ont avoué : « Jean-Pierre, tu es la première personne à qui j’en parle ». Ces paroles m’ont profondément touchées et me perturbent encore. Comment des hommes entre 50 et 80 ans peuvent-ils vivre avec cette souffrance enfermée en eux. Ils m’ont parlé car ils avaient vu ma main tendue, dans mon blog, ou dans des médias.

Depuis je demande sans cesse de mener des enquêtes sur chacun des cents prêtres pédocriminels connus de cette congrégation et je reçois toujours le même refus obstiné.

Récemment, quatre appels à témoignages ont été mis en ligne. Cela semble être un grand pas en avant, sauf que c’est hyper confidentiel.

Le nom du prédateur est fondamental. J’en veux pour preuve cette phrase de la dernière page du livre « Prière de ne pas abuser » de Patrick Goujon s.j., lui-même victime d’agressions sexuelles dans son enfance par un prêtre : « La joie m’a saisi quand le nom de l’agresseur fût prononcé par un autre que moi, je n’avais pas déliré, j’étais sauvé. »

Mais en France, on se refusent à publier ces noms, sauf s’ils ont déjà été rendu public par une autre personne ! Et ceci bien qu’aux USA et au Canada rendent public les noms de tous les prédateurs connus de leur congrégation !

Il faut comprendre que parler, pour une victime qui s’est tue pendant des dizaines d’années, c’est revivre toutes les souffrances et les émotions vécues lors des agressions ou des viols. J.M.Sauvé, président de la CIASE, disait qu’il était plus difficile à une victime de parler que de sauter du deuxième étage de la tour Eiffel ! Mr Garapon, président de la CRR, lors de la journée CRR du 12/12/2024 a conclu son intervention en prenant acte que seul 1% des victimes ont pu contacter la CRR ou l’INIRR. 

Qu’attendez-vous pour tendre la main à ceux qui n’arrivent pas à vous parler ?

16 avril 2025

de Mme Fatiha Keloua Hachi

Monsieur Martin-Vallas,

Je vous remercie pour votre courage, pour avoir pris le temps de m’adresser votre témoignage, dont j’ai pris connaissance avec attention.  

Comme vous le savez, la commission des affaires culturelles et de l’éducation que je préside à l’Assemblée nationale s’est dotée des pouvoirs d’enquête afin de faire toute la lumière sur la responsabilité de l’État : comment des situations de violence ont pu perdurer dans des établissements scolaires, sans que l’État n’intervienne pour protéger nos enfants.  

Aussi, j’espère que cette commission d’enquête aboutira sur des préconisations suivies par le Gouvernement, afin que plus jamais nos enfants soient victimes de violences, par des adultes ou avec la complicité d’adultes, dans nos établissements scolaires.  

Si vous me donnez votre accord, je transmettrai votre témoignage aux deux administrateurs avec qui nous travaillons, afin que votre témoignage puisse être pris en compte.  

Restant à votre disposition,  

Bien à vous,  

Fatiha Keloua Hachi  

 

 

Fatiha KELOUA HACHI

Présidente de la Commission des Affaires culturelles et de l’Éducation

Députée de la 8ème circonscription de la Seine-Saint-Denis

 

1 avril 2025

Publié sur le site de la CRR sous la rubrique « retour d’expérience » le 01/04/2025

« Je voudrais faire part de mon incompréhension dans ce que peut faire la CRR. Pour moi la réparation et la restauration passent par la recherche d’autres victimes de tous les pédocriminels connus. Cette recherche ne peut pas être faite seulement par les victimes elles-mêmes et j’avais demandé à ce que la congrégation religieuse de mon agresseur organise un appel à témoignage général pour toute personne victime d’agresseurs connus membres de la congrégation. Je ne comprends car la CRR n’a pas soutenu ma demande alors que dans le même temps le président de la CRR fait le constat suivant « il n'y a pas plus de 1% des victimes qui ont pu ou su s'adresser à la CRR ou à l'INIRR » !

Jean-Pierre

31 mars 2025

à Mme Anne Derichecourt CRR

Bonjour

Si je n'ai pas le choix j'accepte votre solution, mais je me permets de vous faire les remarques qui suivent :

Anonymat : je pense que vous mettriez au moins mon prénom ? Je respecte tout à fait les victimes qui souhaitent rester anonymes, mais je ne comprends pas que vous imposiez l'anonymat à une victime qui n'en veut pas. Pour moi c'est une pierre de plus dans le jardin de l'Omerta ; j'aimerais bien pouvoir comprendre votre raisonnement.

Témoignage ou verbatim : Je vois que sur votre site il y a le témoignage de Pierre intitulé : « une victime témoigne sur l'accompagnement qu'il a reçu par la CRR » . Je suis tout à fait prêt à vous transmettre une version parlée ou même en vidéo, si cela vous permet de mettre la totalité de mon témoignage.

cordialement

Jean-Pierre Martin-Vallas

 

31 mars 2025

de Mme Anne Derichecourt CRR

Bonjour Monsieur,

Après en avoir rediscuté en interne, nous souhaitons rester sur un format anonyme et court.

Voici une proposition, si vous en êtes d’accord, nous la mettons sur le site internet.

 

« Je voudrais faire part de mon incompréhension dans ce que peut faire la CRR. Pour moi la réparation et la restauration passent par la recherche d’autres victimes de tous les pédocriminels connus. Cette recherche ne peut pas être faite seulement par les victimes elles-mêmes et j’avais demandé à ce que la congrégation religieuse de mon agresseur organise un appel à témoignage général pour toute personne victime d’agresseurs connus membres de la congrégation. Je ne comprends car la CRR n’a pas soutenu ma demande alors que dans le même temps le président de la CRR fait le constat suivant « il n'y a pas plus de 1% des victimes qui ont pu ou su s'adresser à la CRR ou à l'INIRR » ! »

 

Bien cordialement,

Anne

27 mars 2025

à JM Sauvé Pdt de la CIASE

Monsieur,

j'ai écouté avec beaucoup d'intérêt et d'admiration votre intervention lors de la réunion de la commission d'enquête parlementaire du 20/03/2025 .

Vous y exprimez votre trouble et votre incompréhension du processus de libération de la parole des victimes d'agressions sexuelles ou de viols. J'ai moi-même été victime d'une agression sexuelle par un prêtre jésuite, Gilbert Lamande et depuis 15 ans je me bat pour tendre la main aux 99% de victimes qui n'ont pu s'adresser, ni à vous, ni à la CRR, ni à l’INIRR. Ce sont les jésuites qui m'ont contraint à cette démarche . En effet, en 2010, je leur ai demandé si ce prêtre était connu comme prédateur sexuel. Il était en effet essentiel, je dirais même quasi existentiel, de savoir si ce prêtre avait fait d'autres victimes, ou si je n'étais victime que dans mes rêves. Après m'avoir dit qu’il n'était pas connu comme prédateur, ils ont refusé te faire la moindre enquête pour savoir s'il y avait d'autres victimes, au prétexte qu'il ne fallait pas perturber ces dernières, si elles existaient. J'ai donc été contraint de faire moi-même mon enquête, en interrogeant 1000 anciens élèves de l'école Saint-Louis-de-Gonzague et j'ai reçu 10 témoignages de personnes ayant été agressées sexuellement par Gilbert Lamande dans leur jeune age, 50 ans plus tôt. Quinze ans plus tard, j'ai recueilli et en tout 25 témoignages de victimes de ce prêtre, et j'ai été en contact avec 45 autres victimes de prêtres.

Les témoignages que vous avez reçus et que vous avez publié dans votre rapport, montrent deux choses :   la première est qu'il est extrêmement difficile à une victime de parler, et vous avez vous-même dit « qu'il était plus difficile à une victime de parler que de sauter du 2e étage de la tour Eiffel »                                       La deuxième est que cette prise de parole est vraiment libératoire et permet d'entamer un chemin de restauration qui malgré tout reste encore long à parcourir .

Mais il est nécessaire d’aider ces victimes à parler et de leur tendre la main, notamment en leur donnant le nom de leur agresseur. Dans beaucoup d'établissements scolaires tenus par des religieux, il y a des associations d'anciens élèves avec des annuaires. C'est ce que j'ai utilisé, dans mon cas personnel. J'ai demandé aux jésuites de faire la même démarche sur l'ensemble de leurs collèges et pour les 100 jésuites pédocriminels qu'il connaissent. Ils ont refusé. J'ai ensuite demandé la même chose à la CRR, comme mesure de réparation et de restauration, en tant que victime. Ils ont eux aussi refusé de transmettre cette demande au Jésuites !

Dans la même intervention vous avez dit : « 3 000 victimes ça n'est rien du tout au regard des 360 000 annoncées dans le rapport . » Et vous avez ajouté : « Tout ce qui est de nature à favoriser l'expression des enfants victimes est une priorité absolument essentielle »

Est ce que vous m’aideriez à mettre en œuvre la méthode que je propose, ou est ce qu’une association comme France Victime pourrait le faire ?

Vous avez aussi fait le point sur l’application des 45 recommandations de votre rapport. Je me permets de vous donner mon avis sur les recommandations 28, 29 et 30, qui portent sur le sujet de la libération de la parole des victimes.

La 28 était trop optimiste, car les moyens de la police son notoirement insuffisants pour enquêter sur les 3 000 victimes qui se sont adressées à vous.

Recommandation no 28 : Introduire un dispositif d’enquête de police systématique suivie d’un entretien des victimes de violences sexuelles avec un magistrat lorsque la prescription pénale est acquise.

Je n'ai sans doute pas bien compris la recommandation numéro 29, parce que ma perception me fait dire qu'on demande à l'église d'appliquer la loi française. Je sais que l'affaire Pican a bien montré l'église se croyait au-dessus des lois des nations, mais j'espère que depuis maintenant 25 ans elle a évolué.

Recommandation no 29 : Généraliser les protocoles entre parquets et diocèses, incluant un engagement des diocèses à transmettre les signalements et un engagement des parquets à diligenter les enquêtes dans des délais courts cf. Recommandation no 42).

J'ai demandé depuis la sortie de votre rapport, à un très grand nombre de responsables de l'église, de mettre en place ce processus d'éclaircissement des accusations ; mais manifestement l'église n'a aucune envie de chercher d'autres victimes que celles qui se déclarent spontanément.

Recommandation no 30 : Mettre en place, au sein de l’Église, un processus d’éclaircissement des accusations portées en matière de violences sexuelles, lorsque l’auteur est décédé ou l’action publique éteinte.

J'ai réécouté les chiffres de vos statistiques. J'ai cru comprendre que la prévalence des agressions sexuelles en milieu scolaire catholique était le double de celles dans les écoles de l’État. Est-ce que cela est vraiment le cas ?

 

JP Martin-Vallas                                             le 27/03/2025

 

PJ : Plaidoyer en faveur des 6 000 victimes de jésuites pédocriminels

PS: depuis bientôt de 15 ans, je me bats contre l’omerta des jésuites, et de l’église catholique . Mon moyen de lutte est de rendre public nos échanges, que vous trouverez sur mon site : ( faire Ctrl + clic du gauche) franklin2.canalblog.com

26 mars 2025

à Mr Garapon, Pdt de la CRR

Monsieur,

J'ai écouté avec beaucoup d'intérêt ce que vous avez dit lors de l'audition de la commission d'enquête sur les modalités de contrôle par l'état du 20 mars 2025. J'ai surtout été frappé par ce qui suit que vous avez dit à 01h09mn et 30 secondes du début de cette conférence :

« Je pense que la véritable prévention,... c'est d'éclaircir ce qui s'est passé et ...de faire des appels à témoignages »   Auditions de la commission d'enquête sur les modalités du contrôle par l'Etat … du 20/03/2025

Je vous ai déjà interpellé plusieurs fois à ce propos, car vous-même avez plusieurs fois fait part de la nécessité d'éclaircir le passé, éventuellement en faisant des appels à témoignages et j'entends pour la première fois que vous pensez que là est la véritable prévention, affirmation que je partage tout à fait avec vous .

Le 20 janvier vous m’avez écrit : « la CRR peut recommander, sans pouvoir l'y contraindre, à l'institut religieux, de diffuser un appel à témoignage nominatif » Pourquoi ne faites vous pas cette demande, en laissant aux Jésuites la responsabilité de refuser ?

Dans cette même lettre du 20 janvier vous écrivez « lorsque la personne ( la victime) le demande... et qu'il existe des indices suffisants,... la CRR peut recommander à l'institut religieux de diffuser un appel à témoignage nominatif » La difficulté est que la victime lorsqu'elle s'adresse à vous, est dans un cheminement de restauration qui commence par elle-même et c'est normal. Il lui faudra plusieurs années pour prendre en compte les autres victimes, si seulement elle y arrive. Votre position vous met donc dans une impasse complète, alors que plusieurs fois vous exprimez ce besoin, cette nécessité de faire des appels à témoignages pour tendre la main au 99% des victimes qui ne vous ont jamais contacté.

Je vous prie de recevoir monsieur mes sincères salutations.

Jean-Pierre Martin Vallas le 26/03/2025

PJ : Plaidoyer en faveur des 6 000 victimes de jésuites pédocriminels

24 mars 2025

TEMOIGNAGE 35 de Pierre de La Coste

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Le massacre des saints Innocents. C'était un petit garçon de six ans. Il était élève dans la meilleure école catholique de Paris. Dans la chapelle du "petit collège", de style résolument moderniste, il se confessait, avouait ses fautes à un prêtre. Celui-ci lui parlait d'une voix rassurante, tout en lui faisant honte. Le petit garçon ne comprenait rien, se sentait inquiet, à la fois coupable et rassuré. Le prêtre le prenait sur ses genoux, l'embrassait, le caressait partout, sur les fesses, entre les jambes.

Le garçon n'en a jamais parlé à ses parents. Le prêtre finit par être repéré, et il est mort tout seul, dans une petite chambre aux murs couverts de photos d'enfants. Parmi celles-ci, il y avait sans doute la mienne. #MoiAussi

Ces scandales de pédophilie continuent à éclater tous les jours dans la presse. La dernière en date est celle de Notre-Dame de Bétharram, école privée catholique. Les députés Insoumis ont tenté de faire "porter le chapeau" au premier ministre démocrate-chrétien, François Bayrou, dont les enfants étaient scolarisés dans cette école. Sans succès pour l'instant. Il y a quelques années, Monseigneur Barbarin fut accusé de ne pas avoir dénoncé les actes passés de certains prêtres de son diocèse de Lyon. L'Eglise catholique, en France et ailleurs, s'est lancée dans un grand mouvement de "repentance" et de réparation, qui n'a pas d'équivalent ailleurs.

La liste est longue. D'autres institutions sont touchées, Ainsi, Joël Le Scouarne, médecin et chirurgien, a violé des centaines de mineurs, pendant des années. Il passe actuellement en jugement, mais avait déjà été condamné dans le passé, sans interdiction d'exercer. Le scandale touche le cinéma français, à l'instar du MeToo américain, avec des victimes, généralement très jeunes. Même l'abbé Pierre, adulé de son vivant, apparait comme un dangereux prédateur sexuel.

TEMOIGNAGE 35 de Pierre de La Coste

Daniel Cohn-Bendit, le "pape" de mai 68 (notre photo), a revendiqué sa pédophilie. C'était l'époque du "il est interdit d'interdire". Il l'écrit clairement dans son livre Le Grand Bazar (1975), aujourd'hui introuvable. Le quotidien Libération s'était fait le porte-parole d'une permissivité absolue, avant de faire son Mea Culpa, quelques dizaines d'années plus tard. On pourrait continuer longtemps la liste. La pédophilie est-elle vieille comme le monde? Gilles de Rais, compagnon de Jeanne d'Arc, était un pédophile criminel, et il fut condamné à mort pour ces faits. Rien de nouveau sous le soleil?

Quel-est le lien entre toutes ces affaires? Ce qui caractérise notre modernité tardive, c'est la promesse de bonheur et de liberté pour tout le monde. Or, il apparait aujourd'hui que ce  sont les plus forts et les plus puissants qui en profitent, à commencer par les hommes, adultes, riches et en bonne santé. Les femmes, les enfants, les vieux, les malades restent sur le bord de la route. Comme dirait l'abbé Lacordaire: "entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le maître et le serviteur, c’est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit." Cette célèbre formule ne suffit pas, néanmoins, pour expliquer notre post-modernité.

Il ne s'agit pas, selon nous, d'une simple erreur politique ou idéologique. Nous sommes réellement plus "individuels" que nos ancêtres. Donc plus égoïstes et plus isolés. Le philosophe Pierre Boutang parlait même de "dividus". Malheur aux vaincus de la vie moderne. Malheur aux maillons faibles de ce stupide "village global". C'est peut-être un vrai sens de l'Histoire, orienté vers le mal.

L'Eglise, elle, comporte en son sein de nombreux coupables, mais elle est surtout victime de cette évolution moderne. Et qui fera le procès de cette évolution ultra-individualiste, qui, depuis les années soixante, profite aux forts et asservit les faibles?

TEMOIGNAGE 35 de Pierre de La Coste

voici le lien vers cet article:     http://melusine.hautetfort.com

24 mars 2025

à Mme Fatiha Keloua Hachi, présidente de la commission d'enquête parlementaire

Madame,

J'ai moi-même été victime d'une agression sexuelle de la part d'un prêtre jésuite dans les années 50. C'est à ce titre que j'ai suivi avec beaucoup d'intérêt les deux premières auditions de votre commission d'enquête parlementaire. Je comprends que votre attention principale se focalise sur les modalités du contrôle par l’État des établissements scolaires. Je crois pouvoir dire que votre but premier est « plus jamais ça » Plus que des contrôles, certes indispensables, est-ce que l'objectif premier ne devrait pas être un changement de mentalité de la part des enseignants ? Ce changement peut être basé sur l’écoute, par les enseignants, de la parole des victimes. Cela s'est fait pour les 6 collectifs que vous avez auditionné le 20 mars. Cette première séance a beaucoup porté sur l’écoute des victimes, connues grâce à des mouvements spontanés, suite à l’affaire Bétharam. Chez les jésuites, il n’y a rien de tel. En 2010, lorsque j’ai demandé aux jésuites de faire une enquête pour savoir si j’étais la seule victime de Gilbert Lamande sj, ils m’ont opposé un refus très ferme ; et j’ai dû faire mon enquête moi même, recevant ainsi 25 témoignages de ce pédocriminel jésuite. Depuis 15 ans, je demande aux jésuites de publier les noms des 100 jésuites prédateurs qu’ils connaissent aujourd’hui, qui ont fait 130 victimes répertoriées, et de faire des enquêtes dans toutes les écoles qu’ils gèrent. Ils s’y refusent. Aussi je me permet de vous suggérer de les auditionner, et de leur demander quels contrôles ils avaient sur leurs établissements, pour qu’il y ait autant de criminels, et pourquoi ils méprisent à ce point les 6 000 autres victimes de ces prédateurs.

 

JP Martin Vallas le 23/03/2025

 

PJ : Plaidoyer en faveur des 6 000 victimes de jésuites pédocriminels

PS: depuis bientôt de 15 ans, je me bats contre l’omerta des jésuites, et de l’église catholique . Mon moyen de lutte est de rendre public nos échanges, que vous trouverez sur mon site : ( surligner et faire Ctrl + clic du gauche) franklin2.canalblog.com

22 mars 2025

Plaidoyer en faveur des 6 000 victimes de jésuites pédocriminels

D'après les jésuites eux-mêmes, et selon leur dernier chiffre de novembre 2024, quatre-vingt-dix-sept jésuites sont connus pour avoir agressé sexuellement cent trente-neuf victimes depuis 1950.
Le rapport de la CIASE établit que chaque prêtre pédocriminel a fait en moyenne 62 victimes. Un calcul simple établit que 5 875 victimes ne se sont pas fait connaître par les jésuites. Ce qui corrobore tout à fait les déclarations du président de la CRR à la journée du 12/12/2024, déplorant que seulement 1% des 200 000 victimes de prêtres ce soient fait connaître à la CRR ou à l’INIRR. (1)

Sur leur site, les jésuites écrivent : « Comme elle s’y est engagée dans les protocoles signés avec les personnes victimes, la compagnie de Jésus entend ainsi aider activement d'autres personnes à sortir du silence  » (2)

Dans les faits la situation est totalement différente, car ils se refusent à donner le nom des prédateurs et à faire des enquêtes, notamment auprès des anciens élèves de leurs écoles et collèges, sous prétexte de laisser le débat ouvert.(3)

Et pourtant nommer les prédateurs est un élément fondamental pour les victimes ; elles pensent avoir été les seules à avoir subi de telles violences ; ce qui provoque chez elles un sentiment de culpabilité et de honte, car s'il y avait plusieurs victimes dans le même établissement elles n'en parlaient jamais entre elles(4)

Par contre les jésuites des États-Unis et du Canada ont publié de telles listes, non seulement avec le nom des prédateurs, mais aussi avec le cursus de leurs emplois dans leurs différentes organisations . Au Canada, le supérieur provincial explique ainsi leur attitude : « nous publions cette liste en partie à la demande des victimes et des groupes de défense des victimes afin de favoriser la guérison, de reconnaître la gravité de leur traumatisme et de leur souffrance, de valider leur expérience et de promouvoir la justice et la transparence. »(5)

 

(1) https://www.jesuites.com/lutte-contre-les-abus-sexuels-ou-en-sont-les-jesuites/

(2) https://www.jesuites.com/abus-et-violences-sexuelles-appel-a-temoignages/page/2/

(3) voir courriel du 29/01 de G Lebel sj

(4) interview du 20/03/2025 à RFI d’un responsable du collège Sainte-Croix des Neiges

(5) https://jesuites.ca/a-propos-de-nous/publication-des-noms-de-jesuites-accuses-de-maniere-credible-dabus-sexuels-sur-mineurs/

20 mars 2025

article paru sur la revue Golias ce jour

Abus, stupeur et questionnement chez les Jésuites

La Compagnie de Jésus est une congrégation catholique masculine de clercs réguliers appelés Jésuites. Fondée par Ignace de Loyola et plusieurs fondateurs, elle sera approuvée par le pape Paul III en 17401.  Elle s’oriente rapidement vers l’enseignement et vers une offre éducative à l’attention de jeunes socialement défavorisés ou de réfugiés. En France, quinze ensembles regroupant le primaire et le secondaire scolarisent près de 22 500 élèves. Dans le monde, 850 écoles, à l’exclusion des universités, accueillent près de 800 000 enfants. En 2014, une cellule « écoute et prévention des abus » est créée pour la province de France et des protocoles de prévention et des actions de formation ont été mis en place. 176 personnes, à ce jour, ont pris contact avec elle. Ce 1ᵉʳ mars 2025, une journée mémorielle pour les victimes de jésuites a été organisée à la Faculté Loyola à Paris.

 

Une journée pleine d’émotions souhaitée par le P. Thierry Dobbelstein sj, Provincial d’Europe occidentale francophone EOF, et par des personnes victimes dans le cadre des parcours initiés avec la Commission Reconnaissance et Réparation (CRR) en France depuis 2022 et avec Dignity en Belgique depuis 2011. « Il était essentiel que se tienne cette étape de reconnaissance et cette démarche commune, a déclaré le P. Thierry Dobbelstein sj. Cela fait une dizaine d’années que nous recevons des témoignages et il est important que nous fassions ensemble, personnes victimes et témoins, ainsi que jésuites, mémoire des agressions subies. » Au cours de cette journée, plusieurs victimes ont pu s’exprimer. Des temps forts de partage et d’écoute.

 

Les jésuites dénombrent depuis 1949 en France 139 faits d’agressions à connotation sexuelle : paroles, gestes ou rapports sexuels. 97 jésuites ont été identifiés pour des agressions sexuelles : 62 sur personnes mineures et 35 sur personnes majeures. Actuellement, en France et en Belgique, 20 jésuites concernés sont vivants (16 en France et 4 en Belgique).

Quand les souvenirs refont surface

À l’âge de 45 ans, des images troublantes qui vont impacter sa vie, reviennent en mémoire de Jean-Pierre Martin-Vallas. Il a neuf ans. Il est dans un camp de vacances proche de Compiègne. Le jésuite Gilbert Lamande, aumônier au petit collège Saint Louis de Gonzague, à Paris, nommément appelé Franklin où il était scolarisé, entre une nuit dans le dortoir, se glisse dans son lit et lui caresse le torse et les fesses en passant sa main sous son pyjama. Il a un mouvement de recul. Le prêtre s’enfuit. Perturbé par ces images qu’il ne peut attribuer qu’à un souvenir, il se rend au collège pour rencontrer l’abbé. « Il nous a quittés », lui répond le gardien. Jean-Pierre Martin-Vallas comprend que le père est décédé et essaie d’oublier. Vingt ans plus tard, en 2010, les images le poursuivent toujours. Il en est sûr, il a subi un abus. Il se rapproche du provincial des Jésuites et demande une enquête. Au bout de six mois, on lui répond qu’il n’y aura pas d’enquête. Il lance alors un appel par courriel aux anciens élèves du collège. Dix adultes lui répondent avoir été victimes du prêtre. Les Jésuites promettent alors une commission d’enquête. « Ils mettent en place en 2014 une commission d’accueil, mais parlent d’abus moraux. J’étais fou, se confie Jean-Pierre Martin-Vallas. Aujourd’hui, ils ont identifié 97 pédocriminels et, si l’on se fie aux statistiques estimées par la CIASE, la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église, cela représenterait environ 6000 victimes. »

 

Seulement 1 % des victimes de l’Église se seraient adressées à la CRR ou à l’INNIR, (les instances de reconnaissance et de réparation), d’après Antoine Garapon, magistrat membre de la CIASE. Or, pour que les victimes puissent parler, il est essentiel de leur tendre la main pour les aider à réaliser qu’elles ne sont pas seules à avoir été victimes d’abus. C’est le combat que mène Jean-Pierre Martin-Vallas. Mais constate-t-il, « les Jésuites se refusent absolument à faire des enquêtes et à donner le nom des prêtres pédocriminels, sauf quand l’identité de la personne est déjà parue. » Le 15 octobre 2016, le P. Arnaud de Rolland sj, assistant du Provincial de France, expliquait que sur les conseils de professionnels rencontrés dans les associations d’aide aux victimes, « il est à craindre qu’une initiative de prise de contact directe de notre part soit perçue comme une nouvelle violence faite par l’institution. » Une situation confortable. Mais comment alors faire le lien avec les victimes qui ne sont pas sûres ou ne savent pas, si ceux qui savent ne veulent pas admettre la réalité ? « Tant que nous ne connaissons pas d’autres victimes, on ne peut jamais être sûr de ne pas avoir rêvé, fantasmé », analyse François Martin-Vallas, frère de Jean-Pierre Martin-Vallas, psychiatre, psychanalyste et docteur en psychologie, lui aussi ancien élève du père Lamande. Si on pense avoir pu rêver, c’est donc qu’on a désiré, et, partant, ce qui s’est passé est de notre faute. Mais si on sait que d’autres ont subi des agressions semblables, alors on sait ne pas avoir rêvé, on sait qu’il y a bien un agresseur et des victimes, il n’est donc plus question de penser que l’acte a pu être initié par notre désir. Il y a là un élément objectif d’assignation de la culpabilité au seul agresseur, une culpabilité dont la victime peut alors être libérée.. »

 

L’appel à témoignage au sujet du père Gilbert Lamande, décédé en 2000, n’a été lancé sur le site de la compagnie de Jésus que le 25 septembre 2023. Dix-sept victimes ont été accueillies par la cellule d‘écoute et de prévention des abus de la Province d’Europe occidentale francophone. Il a été le père spirituel, chargé de catéchèse à Franklin, cet établissement parisien d’enseignement privé catholique sous contrat d’association avec l’État, de 1946 à 1977. Les accusations portent sur des attouchements sexuels sur des garçons et filles mineurs au cours de confessions, d’entretiens, d’activités parascolaires et de camps de jeunes.

 

Sur le blog 2 conçu par Jean-Pierre Martin-Vallas, plusieurs victimes du prêtre témoignent. Quoi de mieux que la magie du circuit d’un train électrique pour faire rêver ces jeunes garçons ? Le père Gilbert Lamande a mis des années à le construire à l’abri du sous-sol du pavillon principal du petit-collège. Et si à une certaine époque il se trouvait au grenier, c’était toujours à l’abri des regards que le père Gilbert Lamande attirait ses victimes. Un appât envié par tous ceux qui n’avaient pas eu le privilège de pouvoir le découvrir. « Ne sois pas à coté du père Lamande quand il éteindra la lumière » prévient une victime. Une mise en garde que le copain n’a compris que trop tard. Ils décrivent des confessions assis sur ses genoux, des caresses dans le dos, le cou, les cuisses, l’entrejambe, des questions tendancieuses, des baisers sur la joue, sur la bouche et son haleine fétide. « Dégueulasse ! C’était sa langue ! » Jean-Pierre Jacquet, lui, n’oubliera pas le jour de sa première confession à l’âge de sept ans, auprès du père Lamande. C’était en 1951. La confession commence comme prévu et soudain le ton change. « Le père Lamande me demande à brûle pourpoint si je connais la différence entre les petites filles et les petits garçons. Un malaise m’envahit, je pense à ma mère dans la pièce à côté. Je bredouille, ne sachant que dire. Il se fait plus pressant et commence à me décrire lui-même l’anatomie de l’appareil génital féminin, me demandant de confirmer sa description, me demandant si j’avais une sœur, me demandant de lui décrire le sexe de ma sœur. Je balbutie des réponses enfantines tout en versant des larmes d’angoisse. J’ai le souvenir d’une question précise : comment est-ce à l’intérieur de la fente ? Je ne réponds pas, pétrifié que je suis. Il persiste : C’est de quelle couleur ? Et moi de répondre, j’en souris aujourd’hui : Rose. Comme du jambon, ajoute-t-il ? Oui, mon père. Au moment de l’absolution, il m’enlace et me serre contre lui, passe sa main sous ma culotte courte et me masse les fesses tout en ânonnant les salamalecs d’usage. La confession est donc terminée. Le père Lamande m’embrasse et rend à ma mère son fils de sept ans, abasourdi, rouge de honte, essuyant ses larmes. Ma pauvre mère a dû se dire que je venais de vivre une expérience mystique de choix et a félicité chaleureusement le père Lamande. » Certains enfants ont prévenu leurs parents qui ont averti le directeur de l’établissement. « On savait qu’il aimait trop les p’tits garçons ». Ils l’ont mis au rencard, loin…

La première fois, j’ai 13 ans !

« J’ai 13 ans, la première fois, quand il ferme le verrou derrière moi, comble de la transgression et de la perversion, au 42 rue de Grenelle où il m’a attiré. Sidération. Dissociation. Sa grosse langue intrusive dans ma bouche à la recherche du consentement. « À toi, à toi ». L’imposition de ma main sur son sexe. Il halète. Il saccade. La lumière de l’enfance s’éteint brusquement. Ensuite, la dégringolade scolaire, les abus répétés pendant quatre ans. « Je n’aime pas ce que vous faites avec moi. » Mon renvoi enfin, qui l’oblige, soulagé, à se débarrasser de moi. Ce n’est que le 5 octobre 2021, avec le rapport de la CIASE, que le verrou saute, explique Roland Tran Van* devant le parterre de Jésuites réunis pour cette journée mémorielle pour les victimes. Je mesure alors combien mon existence a été déroutée, altérée, entravée, bâillonnée, marginalisée, alcoolisée par la faute de ce prêtre. »

Roland Tran Van arrive en France avec ses sœurs et son frère en 1955 à l’âge d’un an, après la guerre d’Indochine. Fruit défendu des colonies, il est l’enfant naturel d’une mère vietnamienne et d’un militaire français qui les abandonne en 1959. Il rejoint alors son frère, placé par la FOEFI, la Fédération des Œuvres de l’Enfance Française d’Indochine, à l’Abri Joyeux en Dordogne, un pensionnat de garçons tenu par les sœurs de Saint-Vincent de Paul. Roland a six ans. Malgré la sévérité des sœurs, les coups et la laisse du chien, il en garde un bon souvenir. À dix ans, afin d’être plus proche de sa mère, on l’envoie à l’orphelinat tenu par la même congrégation à Saint-Germain-en-Laye. C’est là qu’à douze ans, il est choisi par le père Mouren, jésuite, fondateur et responsable des Liens brisés. L’association, créée en 1954 a pour but de « faciliter, par tous moyens appropriés et notamment par la formation professionnelle, le reclassement social et familial d’enfants abandonnés ou moralement délaissés, notamment de jeunes délinquants ». Jusqu’au milieu des années 1980, plus de 1500 enfants ont été pris en charge par l’association et placés dans divers internats : Écoles Saint-Euverte à Orléans, Saint-Nicolas de Vaugirard, Saint-Nicolas d’Issy-les-Moulineaux, à Villedieu-les-Poêles. Roland Tran Van est envoyé au collège Saint-Euverte à Orléans.

 

Le père Louis Mouren (1902-1985) entre au noviciat de la Compagnie de Jésus à l’âge de vingt-huit ans. Il s’engage rapidement dans les missions afin de former et de recruter de jeunes enfants. Il excelle ! Pour lui, c’est à cet âge que tout se joue. « Si les 6e sont bien formés, cela ira tout seul après », se plait-il à dire au provincial des Jésuites. En 1936, à la fin de ses études de philosophie, il est nommé surveillant général à Franklin où il fait un court séjour avant de partir à Fourvière étudier la théologie. Tous les jeudis, il s’occupe de jeunes collégiens avec l’aumônier du lycée du Parc. En 1942, le jour de son ordination, quatre-vingt-dix gamins sont présents.

 

La guerre va lui ouvrir de nouveaux horizons. Il devient aumônier. D’abord au camp de prisonniers de Nexon. Puis à la prison de Limoges où il fait évader le Rabbin de Strasbourg et deux chefs de la résistance. Puis à Gueret où il sauve vingt-deux détenus sur le point de se faire fusiller par les Allemands. À la libération, il est envoyé au camp de Drancy puis à Fresnes jusqu’en 1955. Il y côtoie de nombreuses personnalités connues, de l’armée, de la politique, des lettres, des sciences et du spectacle. Il accompagne cent-vingt individus au peloton d’exécution et donne l’extrême onction à Pierre Laval, vice-président du conseil du premier gouvernement du régime de Vichy formé par Philippe Pétain. Entre ces murs où cohabitent toutes les strates de la société, on retrouve des prisonniers de droit commun, des résistants et des collabos qui se confrontent parfois jusqu’aux extrêmes. Les idéologies du fascisme, du gaullisme, du communisme, laïque et conservatrice, s’y affrontent. Et si les aumôniers de cette époque et l’abbé Mouren en particulier, ont autant été ceux des maquisards que des collabos, ils furent accusés de se livrer à de la propagande anticommuniste lors de messes bimensuelles3.

 

Pour autant, il s’efforce d’instaurer une vie sacramentelle, d’humaniser la prison et de faire le lien avec les familles. Il prend alors conscience de la situation précaire dans laquelle se trouvent les familles de détenus et du sort des enfants entraînés parfois dans la délinquance. C’est ainsi qu’il fonde l’association les Liens brisés, destinée à prendre en charge la scolarité de jeunes orphelins ou de jeunes en difficulté.

 

« Tu diras à ta mère que je paie tout », dit-il à Roland Tran Van dans la cour de l’orphelinat des sœurs de Saint-Vincent à Saint-Germain-en-Laye. Comment pouvait-il dénoncer cet homme extraordinaire qui soulageait sa mère du poids de ses études ? « Tous les prédateurs vont tisser une relation de confiance et d’estime avec les parents, souligne François Martin-Vallas, psychiatre, psychanalyste et docteur en psychologie, afin de bâillonner la parole de l’enfant qui n’imagine plus être cru par ses parents. » L’abbé Louis Mouren, titulaire de la Légion d’honneur, du Mérite national et de la Médaille du travail, serait-il un nouvel Abbé Pierre ?

 

Fin 2021, Roland Tran Van contacte la cellule Écoute et Prévention des abus des jésuites et relate des faits d’attouchements, d’agressions sexuelles et de viols commis par Louis Mouren, entre 1967 et 1971, alors qu’il était âgé de 13 à 17 ans. Témoignage qu’il confirme en juin 2022 à la Commission Reconnaissance et Réparation (CRR). En 2019, la Compagnie de Jésus avait lancé un appel aux victimes sur leur site afin qu’elles se manifestent auprès de la CIASE ou de la cellule Écoute et prévention des abus. Le 17 mars 2023, elle publie un appel à témoignages concernant, sans le nommer, un de ses membres décédé en 1985 pour des faits d’attouchements, d’agressions sexuelles et de viols. La sortie d’un livre en juin 2024, aux éditions Karthala va obliger la Compagnie à indiquer le nom de l’abbé concerné : le père Louis Mouren. En effet, Roland Tran Van vient de raconter son histoire dans « Quand le diable a revêtu l’habitRécits de victimes de violences sexuelles dans l’Église catholique. Finalement, les Jésuites lancent, le 20 février 2025, un appel à témoignage par communiqué de presse en réponse aux insistances de Roland Tran Van. En cette journée du 1ᵉʳ mars 2025, Roland Tran Van conclut son témoignage en évoquant le successeur de l’abbé Mouren à la direction des Liens Brisés : le père René Bernard, mis en cause pour des agressions sexuelles sur des jeunes femmes. « Que s’est-il passé au sein des Liens brisés pendant près de 60 ans, de 1954 à 2013 ? » interroge Roland Tran Van. Pour le père Dobbelstein, supérieur de la province d’Europe occidentale francophone, la problématique de la divulgation des noms des agresseurs, demandée par Jean-Pierre Martin-Vallas depuis dix ans, revient, en ce jour de commémoration, comme un boomerang. « Qu’allons-nous faire de tout cela ? » s’interroge-t-il. « Des personnes victimes ont choisi de donner le nom du prêtre qui les a agressées. Même si je ne mesure pas encore ce que cela signifie, c’est à notre tour de nous poser la question de la publication de ces noms. » Le nombre de collèges qui ont été impactés par des prêtres agresseurs est au nombre de 16 en France, 7 en Belgique, 1 au Congo, 1 à Londres. Sandrine Plaud

 

1. https://www.jesuites.com/

2. https://franklin2.canalblog.com/ – Roland a aussi raconté son histoire sous le pseudo de Roland Veillantif.

3. L’Humanité du 23 et du 25 octobre 1946.

15 mars 2025

au diocèse de Montpellier

Bonjour, la Conférence des évêques de France a prévu que tous les troisièmes vendredis de carême aurait lieu une journée annuelle de mémoire et de prière pour les victimes de crimes pédocriminels par des prêtres. Cette année cette journée tombe le vendredi 21 mars ; pourriez-vous me dire ce qu'il y a de prévu dans mon diocèse de l'Hérault

merci

Jean-Pierre Martin Vallas

 

12 mars 2025

Projet de Verbatim de personnes victimes qui ont eu un accompagnement de la CRR

J’ai été victime d'une agression sexuelle par un prêtre jésuite à l'âge de 9 ans, puis j'ai fait une amnésie post-traumatique et ce n'est qu'en 2010 que j'ai demandé aux jésuites si ce prêtre était connu comme pédocriminel. La réponse a été négative. Je leur ai demandé d'enquêter pour savoir s'il avait fait d'autres victimes. Ils ont refusé de faire cette enquête ; j’ai donc du la faire moi-même et recueillir 10 témoignages d'autres victimes. Lorsque la CRR été créée, je leur ai demandé comme mesure de réparation et de restauration d’obtenir des jésuites de faire la même enquête que j'avais dû faire, contraint et forcé, pour les autres prêtres jésuites pédocriminel connus. Cette demande m'a été refusée en première instance ainsi qu'en deuxième instance. La raison invoquée est : « la CRR ne peut, à l'occasion d'une saisine individuelle, recommander et encore moins imposer des recherches de victimes d'agressions sexuelles commises par des religieux étrangers à cette saisine » ce qui signifie qu’une victime n’a pas le droit de se préoccuper des autres victimes. De plus la décision ajoute : « La CRR peut dans ses rapport avec l'institut religieux lui demandez d'engager des recherches plus actives et publiques des victimes de plusieurs religieux » Ce que je comprends : la CRR peut le faire, mais ne veut pas le faire. Et dans le même temps le président de la CRR fait et regrette le constat suivant « il n'y a pas plus de 1% des victimes qui ont pu où su s'adresser à la CRR ou à l'INIRR » !

Jean-Pierre Martin-Vallas

 

PS: depuis bientôt de 15 ans, je me bats contre l’omerta des jésuites, et de l’église catholique . Mon moyen de lutte est de rendre public nos échanges, que vous trouverez sur mon site : ( faire Ctrl + clic du gauche) franklin2.canalblog.com

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2/05/2010 raisons de ce blog : le père Lamande S.J. prêtre pédophile
Le 1/05/2010, j’écrivais ceci :

Ayant été victime d’agissements pédophile de la part de ce prêtre il y a une cinquantaine d’années, et poussé par une forte motivation intérieure, j’ai décidé de parler, d’interroger mes camarades de l’époque et d’interpeller la société de Jésus.

Ce blog expose l’ensemble de mes démarches et de mes résultats, de manière chronologique. 

Un an plus tard, soit le 5/05/2011, ayant recueilli sept témoignages d’autres hommes ayant été abusés par ce prêtre, je me repose, et on me repose la même question : pourquoi continuer mon action, et ce journal qui en rend compte. 

Ma première réponse est : « je ne sais pas » ; j’obéis à une force intérieure qui me demande de continuer.

Mais je peux aussi expliquer et rationaliser mes objectifs, qui sont au nombre de trois :

  1. Il faut que la vérité de ce qui c’est passé entre ce prêtre et les enfants sous sa responsabilité soit établie, connue et reconnue. Et il reste encore un grand chemin à faire, et des interrogations à satisfaire. A mon sens le nombre de huit agressions connues, ne reflète pas du tout la réalité, qui doit être bien supérieure. Mes mails n’ont pas touché plus de dix % des enfants qui ont connu le père Lamande. Par ailleurs, des témoignages indiquent que la hiérarchie de franklin était au courant, ce que nie l’un de ses membres. Enfin, d’autres témoignages laissent à penser que le départ du père s’est fait à la demande de parents d’élèves, pour des raisons d’accusation de pédophilie.

  2. Il faut que tous les enfants qui ont été agressés par ce père aient une chance de parler. J’ai compris, pour moi-même, et en recueillant les sept autres témoignages, à quel point cette expression était importante. Pour beaucoup, c’était la première fois qu’ils en parlaient à leurs proches, et même à leur femme.

  3. Plus jamais ça. Je veux dire par la qu’il convient de tout mettre en place pour éviter de tels agissements, et aussi pour que d’éventuelles victimes soient encouragées à parler le plus tôt possible. Quelques mesures ont certes été prises par l’église catholique de France, mais je suis loin d’être convaincu de leur pertinence.  

De manière accessoire à cette démarche, on pourrait aussi rechercher s’il y a plus de prêtres catholiques pédophiles dans les institutions d’enseignement pour les enfants que de non-prêtres ou de prêtres mariés d’autres religions, et le cas échéant, se demander quel est l’impact du célibat des prêtres catholiques. 

PS 1) Il existe un service dénommé « NEWSLETTER », qui vous permet d’être avisé de chaque nouveau MESSAGE.

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PS 2) Tous les témoignages et courriers cités sont anonymes, sauf ceux dont les auteurs m’ont explicitement donné accord pour qu’ils soient nommés.

 

PS 3) Consultation du blog: vous pouvez soit consulter les derniers messages (en haut à droite), consulter les archives, vous y avez accès par mois, en bas à droite, soit lire les témoignages d'autres victimes, à droite au milieu

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