Une quarante sixième recommandation au rapport de la Ciase
Cette recommandation est basée sur deux chiffres de la présentation de JM Sauvé, confirmés par la lecture du rapport:
1 % de victimes ont osé parler et chaque prêtre prédateur a fait en moyenne 70 victimes.
Le nombre de victimes de prêtres prédateurs est estimé à 220 000 .
Le nombre de victimes ayant rempli le formulaire de déclaration de la Ciase est de 1 600.
Il y a donc environ 1 % des victimes ayant pu, et osé parler de leur calvaire ; et il en reste 99 % qui n’ont pas réussi à le faire !
Le nombre de prêtres prédateurs est estimé entre 2 900 et 3 200. Rapporté au nombre de victimes, je retiens le chiffre de 70 victimes, en moyenne, par prédateur. Je pense que le nombre de victimes du Jésuite qui m’a agressé sexuellement en 1953, le père Lamande s.j., est supérieur à ce chiffre : il a sévi trente ans comme aumônier des classes de primaire dans la même institution ; à raison de 10 victimes par ans, on arrive à 90 victimes, chiffre que je retiens, car j’ai personnellement reçu 20 témoignages de 20 victimes de ce prêtre.
J’en conclus que lorsqu’un prêtre prédateur est identifié par une victime, il faut absolument se préoccuper des 69 autres victimes. Et l’enquête est relativement facile, car il y a toujours moyen de connaître les enfants avec qui il a été en contact pendant son activité, par les archives de l’institution ou il exerçait. C’est ce que le père Klaus Mertes s.j. a fait en 2010, quand trois anciens élèves sont venus lui parler de leurs agressions sexuelles quelques années auparavant : il a écrit 600 lettres aux enfants qui avaient été en contact avec ce prédateur . C’est aussi ce que j’ai du faire , en écrivant 1 000 e-mails, aux anciens élèves de mon école : St Louis de Gonzague, à Paris.
D’où cette recommandation : faire une enquête approfondie, pour chaque prédateur connu, pour contacter toutes les victimes potentielles de l’agresseur, afin de les encourager à parler ; car je retiens aussi cette phrase de J M Sauvé pendant sa présentation ; « il est aussi difficile de parler pour une victime d’agression sexuelle en tant qu’enfant , qu’à un adulte de sauter du deuxième étage de la tour Eiffel »
JP Martin Vallas