Mon père,

je vous remercie de votre réponse, à laquelle j'ai tardé à réagir car je rentre de voyage.
Votre mail ne m'éclaire pas totalement et je souhaiterai que vous m'apportiez quelques précisions .

---Vous dites :

Le classement sans suite décidé par le procureur de la République n'est pas motivé par la prescription.

--Dans le jugement je lis :

-pour ces dernières, si les dates auxquelles b C a pu avoir connaissance de tels agissements de manière plus circonstanciée ne sont pas exactement établies (2004/2005 ou 2007/2008 dans le cadre des échanges avec f DE G épouse Y ; 2007/2008 ou 2009/2010 pour les entretiens avec z A, …), elles le sont suffisamment (à supposer que l’objet de cette connaissance soit constitué par des faits suffisamment précis pour devoir donner lieu à dénonciation) pour conclure qu’est prescrite l’action publique relative à la non—dénonciation de tels agissements ;

-et plus loin je lis :

l’obligation de dénonciation prévue par ce texte ne peut avoir pour objet des infractions dont l’action publique serait prescrite ; o l’élément intentionnel de ce délit est constitué sinon par la volonté du moins par la conscience d’entraver l’action de la justice en ne permettant pas la saisine de celle-ci ; 

Certes, je ne suis pas juriste, mais il me semble que la prescription a été un élément dans le classement sans suite de cette affaire 

---Vous dites de plus ;

Quant au dialogue entre le cardinal et le pape, il est régulier et transparent. Le cardinal a pris le soin d'informer le pape François de ses différentes démarches pour réparer, autant que faire se peut, tant de blessures anciennes et profondes.

Mais vous ne démentez pas mon affirmation que le Cardinal n'a pas avoué au pape les fautes pour lesquelles il demande pardon lors de sa récente messe si bien médiatisée. 

Lors de mon instruction religieuse, j'ai appris que le pardon du sacrement de pénitence s'accompagnait d'une pénitence.
Aussi je me permet de vous suggérer respectueusement que le Cardinal prenne la tête d'une croisade déjà commencée pour la suppression de la prescription relative aux crimes de pédophilie. Sa présence très médiatique permettrait sans doute de faire bouger les choses.

En ce qui me concerne personnellement , j'ai été agressé à l'âge de 8 ans. Ma réaction instinctive de défense a été d'effacer ce fait de ma mémoire, et les images ne me sont revenues qu'à l'âge de 40 ans ! Je pense que l'enfant de 8 ans que j'étais alors avais bien compris qu'en parler à des adultes, même à ses parents, c'était la quasi certitude de se faire traiter de menteur, comme cela est arrivé à nombre d'autres victimes, du fait de l'aura impressionnante de ces prêtres.
 

Cordialement 

JP Martin-Vallas